Peinture contemporaine
"Old
woman dreaming" Jean Nampinjimpa (groupe/langage : Warlpiri Acrylique sur toile - 123X94
VENDU
Expo - Vente - Conférences à Charmes sur Rhône (07)
C'est en 1981, lors de la grande exposition australienne « Perspecta 81 » de Sydney, que l'art aborigène fit son entrée dans le monde
de l'art contemporain. Dix années plus tôt, les Anciens des tribus du désert sédentarisées de force, avaient accepté de transférer leur motifs sacrés sur les matériaux modernes. Cela avait été
pour eux une énorme concession que de montrer à tous ces dessins par essence secrets, mais ils avaient eu alors l'intuition que la reconnaissance de leur culture et peut-être sa survie étaient à
ce prix.
La puissance symbolique de cette peinture du désert, venue du fond des âges, le potentiel créatif des peuples aborigènes éclatèrent au grand jour. Le succès fut immédiat, procurant à ces gens si durement malmenés par la colonisation, un bénéfice tant symbolique qu'économique.
Lorsque les peuples du désert purent réinvestir leurs territoires ancestraux, il connurent un regain de spiritualité. Ils ramenaient avec eux la technique de l'acrylique sur toile. La peinture connut alors un grand développement dans plusieurs communautés du désert.
Trois décennies plus tard, le mouvement contemporain de la peinture aborigène d'Australie est présent dans les musées et les collections privées du monde entier. Il constitue un épisode particulier, peut-être unique, de l'histoire de l'art, un moment de transition, une accélération du temps, où des chasseurs-cueilleurs comparables à nos ancêtres des grottes ornées ont déboulé dans notre époque matérialiste avec leur peinture sacrée, chargée de sens, vibrante, agissante, vivante. .
En 30 ans, en fonction des communautés, de leur histoire particulière et des générations de peintres, les artistes aborigènes ont su créer des univers picturaux variés, depuis la transcription fidèle des motifs ancestraux jusqu'à une interprétation affranchie dans les couleurs et les formes, mais toujours connectée aux mythes fondateurs du Temps du Rêve.
Notre exposition vous propose de découvrir plusieurs de ces aspects très différents : des peintres confirmés et des peintres émergents, traditionnels ou novateurs, des toiles acryliques et de des ocres naturels, des artistes pintupis, warlpiris, pitjantjaras, kidjas.
Trois conférences vous permettront d'entrer dans cet art qui témoigne d'une autre manière d'être au monde.
Contenu et dates des conférences (entrée libre) "
Le samedi 7 juin à 17h : Un peuple sauvé par sa peinture "Le dimanche 8 juin à 17h : La
peinture titre de propriété et instrument politique "Le samedi 14 juin à 17h : L'art médecin ou la peinture thérapeutique des Aborigènes
"Kapi Tjukurpa"
(Histoire d'Eau)
Acrylique sur toile
De Kunbry Peipei (Grouope / langage Pitjatjarra)
91X61
réf.706
Malgré son titre homonyme cette histoire n'a rien à voir avec le roman érotique de Pauline Réage... Encore que les héros du temps du Rêve, figures
ancestrales féminines et masculines n'aient rien à envier en matière de librido débridée et de moeurs dépravées, aux personnages du roman, lesquels paraîssent même un peu pâlichons comparés
aux Kungas Runkalpas qui, elles, possèdaient tout à la fois une vulve surdimensionnée et un pénis. Particularité qui ne les a pas empêchées de vivre de chaudes aventures avec différents héros du
"dreamtime", vieux lubriques ou jeunes initiés de rencontre, et en même temps de créer les points d'eau du désert, comme le raconte le tableau de Kunbry.
1
"Bush medecine leaves"
Acrylique sur toile
60X60
vendu
2
"Ceremonials grounds"
acrylique sur lin
60X60
vendu
3
"Sand dunes country"
60X87
Acrylique sur toile
vendu
Les créations de Yilpi (acrylique sur toile) doivent-elles plus à l'influence du batik ou aux motifs traditionnels hérités du temps du Rêve ? Le merveilleux
est que le hasard des ligatures ou du plissage de la soie propre au batik créent des cercles, des lignes, des vibrations assez proches des motifs des motifs
de l'iconographie aborgène du désert. Comment s'étonner que cette technique amenée à Ernabella, puis à Utopia dans les années 70 ait connu un immense succès auprès des femmes de ces
communautés?
Les unes et les autres accèdèrent rapidement à la peinture acrylique sur toile mais l'influence du batik devait leur donner, dans les motifs et les couleurs, une légèreté et une liberté
auxquelles les autres communautés n'accèderont que progressivement.
Cette créativité très affranchie devait faire le succès de la grande Emily Kame Kngwareye, qui s'est rendue célèbre par son batik puis par sa peinture.
Vous retrouverez chez Yilpi Marks, les "patterns" traditionnels réinterprétés :
- le cercle concentrique ( Tableau 1),
- le plan symbolique du territoire (Tableau 2),
- Les dunes de sables rectilignes caractèristique du désert (tableau 3),
chacun de ces tableaux étant constitué de milliers de feuilles de Yam, cette plante nutritive et médicinale honorée par les femmes du désert et symbole de fertilité.
Rowena est la fille de Kunbry et Charlie Peipei. Comme eux elle s'investit dans la
communauté de Mutitjulu, située à 2kms au sud est d'Uluru (Ayers rock). Dans le temps du Rêve, ce site fut le lieu de confrontation des peuples serpents "Kunya" et "Liru", l'un des
grands épisodes de la création d'Uluru.
Rowena peint les histoires des femmes ancestrales des peuples « serpents Kunya » et aussi les épisodes de la collecte des nourritures de brousse.
Le tableau ci-dessus, parle de ce dernier aspect. Les U représentent les
femmes cueillant ou préparant graines d'herbes, tomates sauvages, raisins sauvages, larves. Collecte et préparation font partie de la connaissance ancienne et du « Tjukurrpa » (le
temps du Rêve») qui est communiquée aux jeunes femmes dans le temps de l'initiation.
Très colorée, chaude et
riche de nombreux symboles de l'iconographie traditionnelle, cette toile exprime toute la générosité et la fécondité de ce "désert", véritable jardin d'Eden pour les peuples
aborgènes.
Rowena Peipei
"Seven sisters"
acrylique sur lin
152x138
Groupe/ langage :
Pitjantjara
(Mutitjulu community)
Le Rêve des sept soeurs raconte les voyages et les aventures de personnages féminins androgynes, symbole de fertilité et Grandes Ancêtres des peuples aborigènes. Poursuivies par le prédateur
Nyru, homme sauvage car non initié, leur périple les amène à Uluru en territoire Pitjantajara, où, lasses d'être poursuivies, elles demandent aux Esprits d'être transformées en étoiles.
Exaucées, elles deviendront la constellation des Pléiades. Nyru, quand a lui, sera transformé en étoile matinale donc solitaire, Orion, continuant sa vaine pousuite pour l'éternité.
Les sept soeurs font partie des grandes héroïnes androgynes dont les mythes traversent toutes les tribus du désert du centre et de l'ouest sous des formes différentes. Il y a les "Seven sisters"
mais aussi les "Soeurs Wawilag" ou les "Mynma kutjara"(2 femmes). Selon l'ethnologue Lloyd D. Graham (« The nature and origins of the Tingari cycle »
published on line (may 2002) at the AusAnthrop website, http://www.austAnthrop.net/resarch/article.php), cette unité pan
aborigène montre qu'une forme embryonnaire archétypale a été un terrain fertile dans lequel les formes locales ont pris place. Ce symbolisme contiendrait des éléments centraux du culte Kunapipi,
culte de la Grande Mère d'une partie de la terre d'Arnheim (Au nord de l'Australie).
Certains aspects du culte Kunapipi pourraient d'ailleurs être arrivés directement d'Asie pendant la période des « Macassars », pêcheurs indonésiens ayant fréquenté les côtes nord de l'Australie. Cela pourrait expliquer pourquoi les cérémonies Kunapipis ont des ressemblances avec les sectes tantriques indiennes, qui au 6ème siècle s'étendaient sur Java et Sumatra. Quoi qu'il en soit, le mythe se fond avec ceux pré existants en terre d'Arnheim et specialement celui des soeurs Wawilag. Puis des parties du culte Kunapipi s'échappent du nord de l'Australie et migrent vers le sud-ouest, entrant en Australie centrale via le Kimberley pour s'enraciner dans l'environnement du désert jusque chez les Pitjantjaras. et s'associer à un grand nombre de mythes subsidiaires.
Déborah Nangala MacDonald et
Maisie Campbell Napaljarri
"Mon pays"
Acrylique sur lin (201 x 170 cms)
Deborah Nangala Mac Donald et Maisie Campbell Napaljarri se sont associées pour réaliser cette toile de grande dimension, plan
symbolique d'une part de territoire Pintupi de la communauté de Kintore, situé en Australie de l'ouest. Plusieurs lieux sacrés y sont évoqués, signalés par les cercles concentriques et
reliés par les "chemins du Rêve", ces itinéraires parcourus par les ancêtres lors de la création du monde. Les nombreuses formes en U représentent les officiants.
Cette toile est analogue à ce qui pourrait être peint sur le sol sur une vaste surface apprêtée pour donner une cérémonie. Dans ce cas, le travail est collectif et fait
collaborer les personnes liées par une même identité clanique.
Dans les revendications territoriales menées par les Aborigènes depuis les années 1970, de très grandes peintures sur toile ont souvent été réalisées par des collectifs, chacun peignant
la part de territoire (sites et itinéraires) dont il était propriétaire ou gardien.
Le "Ngura canvas" (toile de mon pays), peinte en plein désert par la communauté de Fitzroy Crossing est la plus connue. Elle a contribué, après 12 ans de procédure, a la restitution de
la terre ancestrale des Wamaljarris.
Cette pratique, qui montre l'organisation de la "propriété foncière" aborigène a constitué, en des temps difficiles, une arme politique et juridique de première importance.
Deborah Nangala Mac Donald au travail
"Two Laws" de Rusty Peters,
pigments naturels sur
lin
du Kimberley (Warmun / Turkey Creek) vendu
Le "Two ways, two laws" (2 voies, 2 lois) est le compromis soufflé par les esprits ancestraux aux Aborigènes pour rendre supportable l'irruption dans leur monde de la société occidentale
dominante et matérialiste. Rusty Peters en est l'un des interprètes.
Il est actuellement l'un des peintres les plus agés de Turkey Creek/ Kununurra De ce fait, il porte, plus qu'un autre,
la mémoire des exactions pérpétrées contre son peuple dans le Kimberley. Dans son itinéraire de peintre il a commencé, comme son maître Rover Thomas, par représenter les massacres impunis du
Kimberley. Puis une nuit, en rêve, son grand père lui souffla un rituel de "pardon", qu'il appelle le "Water brain". Ce "water brain" sera son second thème de peinture. Apaisé, son troisième
thème sera le "2 ways 2 laws" qui indique une acceptation de la loi des Blancs sans pour autant renoncer à la Loi des Ancêtres, bien le plus précieux des Aborigènes.
Cette peinture intitulée Two Laws en est un bel exemple. Métaphore du destin de 2 peuples désormais condamnés à vivre ensemble, elle évoque, de façon décalée comme toujours chez les Aborigènes, le mythe de 2 jeunes garçons élevés ensemble mais de clans différents. Leurs destins divergent mais leur amitié demeure.
Le visage façonné par les
dures conditions du Kimberley et par la vie elle-même, Rusty fut longtemps stockman (cow-boy) comme beaucoup d'Aborigènes. Il ne commença à peindre sérieusement que vers l'âge de 60 ans en
compagnie des plus grands : Freddie Timms et Paddy Bedford. Son humour froid et son style désinvolte sont légendaires
Rusty est né en 1935 dans le Kimberley, la région nord ouest de l'Autralie. Il grandit et devient stockman sur le territoire de la station d'élevage
Springvale qui est le thème de plusieurs de ses peintures. Après la mort accidentelle de son père, il vient vivre à Turkey Creek (appelé aujourd'hui Warmun) où il est pris en main par les
aînés Kidjas (son ethnie) comme tout jeune garçon doit l'être. Il travaille alors avec Hector Jandany, George Mung Mung, Jack Britten, ceux que l'on nommera bientôt "la première génération des
artistes de l'Ocre", tous
disparus aujourd'hui
(http://www.peintureaborigenedaustralie.com/article-13314976.html).
En 1989, il s'installe à Kununurra et assiste Rover Thomas l'initiateur du mouvement dit "de Turkey Creek"
((http://www.peintureaborigenedaustralie.com/article-13292287.html).
Vous pouvez voir ces peintures lors des expositions que nous organisons dans différentes villes de France ou sur rendez-vous.
Contact : 0609306845 wanampi.mp@orange.fr
Partenaires :
Dijon : Espace Christian Tiercin, 30 rue charrue ; Lyon exposition permanente, l'Encadreur du Parc, 38 rue Tête d'or; Nice : Exposition permanente, Noor Arts, 2 rue Valperga, 0607937475; Strasbourg : Noor Arts, tel : 0607937475