Aborigènes, premiers contacts...

Publié le par Wanampi

Aborigènes, premiers contacts...

ENFANT DU RÊVE, roman historique sur les premiers contacts entre l'Occident et les natifs de l'Australie.

tome 1 : La grande terre australe 18 euros - tome 2 : La rencontre : 18 euros

- Chez votre libraire - Sur FNAC.com - Sur Amazon.com

Chers abonnés et fidèles de ce blog, si vous êtes sur les réseaux sociaux, relayez-moi ! Merci d'avance. L'auteur, Anne-Lise Fréour.

- Extrait du tome 2 :

"... Lorsqu’il s’approcha, invité par la femme aux cheveux rouges, Nomi prit Wapiti des bras d’Aniouga et le serra contre elle. Mais il ne s'intéressa pas à eux, il s'assit par terre et posa à côté de lui de petits objets. Puis il ramassa une pierre et la montra à Aniouga. Celle-ci prit la pierre, la tourna en tous sens, et n’y voyant rien de particulier, la reposa. Il soupira. Alors il posa une main sur sa poitrine et dit « Jason ». Puis il pointa son doigt vers la femme aux cheveux rouges et dit « Aimelise ». Alors Aniouga, d’un geste un peu hésitant, toucha son propre nez et dit « Aniouga ». Ces deux interlocuteurs eurent un large sourire et prononcèrent ensemble « Aniouga ! ». Quand ils se tournèrent vers Nomi, celle-ci ne bougea pas, épiant, les yeux mi clos à travers ses cheveux et serrant toujours Wapiti comme si on allait le lui arracher. Sa compagne dit : « Nomi», puis faisant le geste de bercer elle dit :« Wapiti ». Le jeu semblait les ravir. Ils rirent tous les trois, alors Aniouga reprit la petite pierre et dit « caillou ».

L’homme qui s’appelait Jason tentait de redire les mots d’Aniouga, et cela amusait la jeune femme. Il la faisait répéter de nombreuses fois, ensuite, il trempait un objet pointu dans un liquide noir et se mettait à aligner des motifs minuscules sur une surface claire. Cela crissait, griffait et faisait naître des signes. Nomi enregistra tout cela cherchant à interpréter ce qu’elle voyait. « Ce sont les walkas des étrangers » finit-elle par comprendre, ils portent la mémoire.

La scène se renouvela les jours suivants, et bientôt de nombreux signes s’alignèrent sur les tablettes de Jason. Il savait maintenant désigner dans la langue des Iparukas beaucoup de choses qu‘il montrait ou dessinait: la viande, le végétal, le sable, l’eau, les arbres, les oiseaux… Aniouga répétait les mots et corrigeait sa prononciation.

Un jour il amena un morceau de bois qu’il avait sculpté en forme de chien. Il le tendit à Wapiti qui s’en empara et le porta illico à sa bouche. Nomi laissa faire. Jason observa longtemps l’enfant tourner l’objet en tous sens en gazouillant. Il y avait bien longtemps, à Haarlem, il en taillait de semblables dans du bois de peuplier pour le petit Vouter. Ses yeux le piquèrent.

Aniouga battit des mains et lui apprit à dire « chien » .

La femme aux cheveux rouges n’était plus là que de temps à autre, et Jason et Aniouga riaient tous les deux. Au bout de quelques jours elle se mit à l’appeler «Tjarurru». Ne sachant quel sens donner à cette fantaisie, il se dit qu’il devait s’agir d’un signe d’amitié et en fut heureux.

Nomi s‘en irrita, et le reprocha à sa compagne dès qu‘elles furent seules.

- Comment peux-tu appeler cet étranger « Tjarurru» ?… et être si docile avec lui qui nous a capturées ?

Mais l’autre n’était plus l’être résigné qu’elle avait dominé pendant leur errance. «Tjarurru» était le nom de peau des hommes à qui elle pouvait s‘unir, et elle était prête à assumer cette audace face à Nomi. Il y eut du défi dans sa voix:

- Que ferais-je d’autre dans cette contrée que je ne connais pas, reniée par les miens pour qui je suis morte ? Il me voit, me parle, me sourit… La viande ne manque pas, et si tu acceptais de goûter les galettes... !

Nomi la considéra avec hauteur:

- Oublie tout cela, Aniouga, nous allons nous enfuir, dès que nous le pourrons, et si nous n’avions pas Wapiti, ce serait déjà fait !

- Qui es-tu pour savoir toujours mieux que moi ce qu‘il faut faire ? explosa Aniouga avec une violence nouvelle, toi qui m’a entrainée dans le malheur ! Je ne veux plus errer comme un fantôme sans savoir qui je suis et où je vais ! Je ne veux pas m’enfuir !…

Nomi en resta sans voix, et Aniouga enchaîna dans un sourire :

- Et Tjarurru est doux et gentil… Ses yeux sont bons…

- Pauvre idiote! Tu penses avec ton vagin !

- La faute à qui si je n’ai plus d’homme ? ... "

Aborigènes, premiers contacts...
Aborigènes, premiers contacts...

Commenter cet article