Alan Griffiths ... ou comment résoudre un conflit à la manière aborigène.

Publié le par Wanampi

Alan Griffiths ... ou comment résoudre un conflit à la manière aborigène.

On a coutume de dire que les Aborigènes ont eu l'immense chance de ne pas connaître la guerre. Et il est vrai que l'appartenance à la terre (et non sa propriété), une structure sociale qui exclut la domination et la cupidité, un sens aigu de l'échange et de la réciprocité, ont fait que les natifs de l'Australie n'ont jamais chercher la conquête de territoires par les armes, n'ont jamais réduit d'autres peuples en esclavage, ni convoité leurs biens. Ils se contentèrent pendant des dizaines de milliers d'années de maintenir un mode de vie assurant la pérennité de la terre et la leur.

Pour autant la violence ne leur est pas inconnue, loin de là, tant il est vrai que l'être humain a besoin d'adrénaline pour mettre du piment dans sa vie.

De nombreux conflits animent la vie des Aborigènes, les invectives, coups de bâton, coups de lance, et, aujourd'hui, coups de couteau, ne sont pas rares, et les mésententes peuvent aller de l'insulte au raid de vengeance.

C'est en général le manquement à la réciprocité ou aux règles sociales qui fondent ces disputes : promesses de mariage non tenues, séduction de l'épouse d'autrui ou d'une femme d'un nom de peau inapproprié, ou encore le décès non expliqué d'un homme ou d'une femme « dans la force de l'âge ». Dans ce dernier cas on conclut à des manœuvres sorcières d'un groupe voisin.

Le contexte désertique favorise l'isolement de petits groupes, nomades jadis, sédentaires aujourd'hui (sous forme d'outstations). Un effet groupal favorise des attitudes de repli et de méfiance vis à vis des groupes voisins, même apparentés, mais qui vivent loin (des yeux et du cœur) et avec qui le système d'échange qui fonde la communauté est distendu. Aussi c'est le plus souvent à un de ces groupes éloignés qu'est attribuée la sorcellerie.

Alan Griffiths ... ou comment résoudre un conflit à la manière aborigène.

Des processus de résolution de conflits existent et évitent parfois que la situation ne s'envenime. L'offenseur, s'il reconnaît sa faute, peut s'offrir (lui ou un de ses proches) à la lance de l'offensé. En général une blessure à la jambe lui est infligée. Le sang versé règle la dette.

Si cela n'a pas lieu, il peut y avoir un raid de vengeance. Alors un groupe d'hommes du clan offensé chausse les pieds d'émeu (sorte de chaussons faits de plumes d'émeu et qui ne laissent pas traces) et peut faire, nuitamment, de grandes distance pour venir trucider le coupable.

Il y a de fortes chances alors que cela ne déclenche une contre-vengeance... A moins que l'un ou l'autre ne fasse appel à la magie pour punir l'adversaire.

Aujourd'hui, les coupables de ce genre de vendetta « à l'australienne » subissent la double peine : celle des Blancs (la prison) et, à leur sortie, la justice Aborigène.

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Publié dans ART D'AUSTRALIE

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