Portrait : Mick Namarari Tjapaljarri

Publié le par Wanampi

Portrait : Mick Namarari Tjapaljarri

Mick, du groupe / langage PINTUPI, est l'un des fondateurs du mouvement de Papunya. Il est né vers 1927 à Marnpi, le site du Rêve kangourou, un trou d'eau situé dans la région de Tempe Downs /King's canyon. Son père Palarnnya Tjungurrayi mourut jeune, d'un coup de lance, victime d'un raid de vengeance. A la suite de cela, sa sœur, sa mère Maiyenu et lui-même furent pris en charge par les autres membres de leur famille.

Alors qu'il campait auprès de la source Putarti, le groupe familial eut un premier contact mémorable avec les Blancs : L'expédition Tindale menée par l'Université d'Adelaide, en 1932.

Attiré par les rations d'aliments inconnus et merveilleux (Farine, miel, mélasse, confture) que distribuaient les établissements blancs, le groupe nomadisa autour de la mission de Hermannsburg et de l'établissement de Haats Bluff. (Ces aliments sucrés devaient faire le lit du diabète et de l'obésité qui ravagent aujourd'hui les communautés aborigènes, mais tous l'ignoraient, à l'époque.)

A Hermannsburg, Mick fréquenta l'école, et sa mère Maiyenu se remaria avec Kanutu Tjungurrayi.

Mick connut les épreuves d'accès à la l'âge d'homme à Utju (Areyonga), puis il travailla comme stockman (gardien de troupeaux à Tempe Downs)

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"Wati Kutjara", deux hommes sage font halte au point d'eau de Marnpi

"Wati Kutjara", deux hommes sage font halte au point d'eau de Marnpi

A Haats Bluff, il se maria une première fois avec une veuve, mère de deux enfants qui décéda en 1962.

Il était encore célibataire lorsque naquit, à Papunya, le mouvement de la peinture du désert. Il s'y joignit participant au conseil de Papunya, en compagnie d'autres grands fondateurs : Johnny Warangkula et Nosepeg Tjupurrula.

Mick racontera, plus tard, comment ils furent pris, alors, d'une frénésie de travail, récupérant de tous les morceaux de bois ou de contreplaqué pour les peindre.

En 1978, Mick accompagna à Sydney, Geoffrey Bardon, le bienveillant enseignant qui avait permis l'éclosion du mouvement, afin de réaliser un film sur lui-même et son œuvre : « Mick and the moon ».

Mick fut l'un des quelques peintres qui demeurèrent à Papunya dans les années 80, après que la loi eût permis aux Pintupi de retourner vivre sur leur territoire ancestral, autour de Kintore.

Il se remaria avec Elisabeth Marks Nakamarra, dont il eut trois enfants.

Au bout de quelques années, la famille partit rejoindre sa parentèle dans la région de Kintore et vécut quelque temps dans une « outstation » près de Marnpi, lieu de naissance, hautement signifiant pour Mick.

Le besoin insatiable de peindre, l'énergie de l'homme, et le besoin de faire vivre sa famille, firent que Mick fut, dans cette période un peintre très productif. Il expérimenta alors les champs de points, puis les motifs linéaires abstraits, ensemble de lignes épaisses et sans point, deux styles qui devaient marquer les décennies suivantes.

En 1989, il fut à Melbourne pour l'ouverture de « Mythscape », la grande expsoition de la national Gallery of Victoria.

En 1991, il remporta le « National art award » pour son oeuvre « Bandicoot dreaming ». En 1994, il eut le « Alice Prize » et reçut le « Red ochre award » pour sa contribution à la reconnaissance de la culture aborigène.

Sa loyauté pour « Papunya Tula Artists » fut indéfectible et contribua à maintenir la qualité de l'entreprise dans les années 90. Ce n'est qu'à la fin de sa vie, en 1998, qu'il rejoignit Alice Springs pour raisons de santé.

Après sa mort, sa fille, Angelina et son fils, Peter, héritiers d'une part de son dreaming, commencèrent à produire des œuvres inspirées de leur père. Elisabeth Marks Nakamarra, elle, est aujourd'hui une peintre talentueuse et de renom.

Publié dans ART D'AUSTRALIE

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