Femmes du Temps du Rêve, disparition de Kathleen Petyarre

Publié le par Wanampi

Kathleen Petyarre
Kathleen Petyarre est l'une des femmes les plus connues. Elle vient hélas de nous quitter. Elle est décédée à Alice Spring tout récemment. Ici, son motif Mountain devil lizard

Katheen Petyarre est décédée cette semaine à Alice Springs; Elle était l'une des plus connues parmi les premières femmes à avoir acquis une grande notoriété dans le mouvement de la peinture aborigène contemporaine. Dans la région d'Utopia, à laquelle appartenait Kathleen, contrairement à Papunya, ce sont les femmes qui ont été à l'initiative du développement de l'activité artistique, d'abord grâce à la peinture sur soie puis à l'acrylique.

Utopia fait exception, en effet, dès les premiers contacts avec les Aborigènes, les visiteurs occidentaux ont été frappés par l'importance de la vie spirituelle. Les anthropologues comme Geza Roheim, les explorateurs comme Spencer et Gillen, ont parlé des cérémonies masculines et, ayant constaté que les femmes en étaient écartées, ils ont conclu qu'elles n'avaient pas de spiritualité ou que celle-ci leur était même interdite.

Ce schéma qui s'est révélé complètement faux était dû pour partie à une projection de notre propre schéma patriarcal mais aussi au fait que les cérémonies masculines et féminines sont secrètes l'une à l'autre.

Il  fallut  donc attendre des femmes : l'américaine Nancy Munn, la canadienne Françoise Dussart et la française Barbara Glowzewski, pour témoigner de la spiritualité féminine qui est tout aussi riche et intense que celle des hommes, comme en témoigne sa vitalité aujourd'hui.

Les femmes qui avaient assisté leur mari, frères, père, pendant les années d'exil (celles qui ont vu naître le mouvement contemporain) apprirent la technique. Quant aux motifs elles les possèdent de toute éternité. Mais elles ne commencèrent à peindre sur toile pour leur propre compte que lorsque les tribus déportées revinrent sur les territoires ancestraux, dans les années 80. La politique d'autogestion des communautés qui fut appliquée les libéra. Des retraites eurent lieu et les sites féminins retrouvèrent leur vocation, leurs rituels, leurs chants, leurs danses, leurs motifs. Les Anciennes initièrent celles qui étaient nées ou avaient grandi pendant l'exil, et la peinture féminine devint aussi active que celle des hommes. Une grande exposition leur fut consacrée à Sydney : Minyima tjukurpa (Femmes du temps du Rêve), en 1994.

Aujourd'hui, quatre-vingts pour cent des toiles que vous voyez sont réalisées par des femmes et cela est tout à fait représentatif de ce qui se passe en Australie.

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