Peinture contemporaine
Women's ceremony Nancy Napangardi Martin 142X96 réf 1155 prochainement exposée à Romans
52 oeuvres d'artistes aborigènes seront présentées à partir du 12 décembre prochain et jusqu'au 10 janvier 2009 à la galerie ALTER MUNDI BOUTIQUE, 44 rue de France à Fontainebleau : des toiles acryliques du désert et des ocres du Kimberley parmi lesquelles des oeuvres d'artistes prestigieux : Ronnie Tjampitjimpa, Nancy Ross Nungurrayi, Mitjili Napurrula, Barbara reid Napangardi, George Ward, Kenny Williams Tjampitjimpa, June peters, Mark Nodea... mais aussi, chose encore plus rare, des walkas boards qui sont une tradition d'oeuvres sur bois réalisées par de petites communautés Anangu et pitjantjaras dispersées dans l'immensité du désert.
Ronnie Tjampijinpa
Les motifs des Walkas boards, tout comme ceux des peintures sont inexorablement liés au Tjukurpa (Le Temps du Rêve), qui définit la Loi et le mode de vie du peuple Anangu. Ces symboles sont traditionnellement utilisés dans les grottes, sur le sol et dans les peintures de corps pour dire l'histoire de la création, l'enseigner et en transmettre l'héritage. La pyrogravure et le pointillisme, les 2 techniques utilisées pour réaliser les walkas boards sont issues du travail effectué sur les objets cérémoniels ou usuels
Collines de sable à Kilkimarnu, de Maureen Hudson Nampijimpa, Acrylique sur toile, 146x97
réf.1687
My country de Rose Quinn Hudggett, gravure et peinture sur bois, 60x20
Water dreaming de Betty Ann Buzacott, gravure et peinture sur bois, 60x20
Les Walkas du désert peuvent être assemblés pour former des ensembles riches et harmonieux
En dépit de la révolution imposée par Emily Kame
Kngwarreye ou Minnie Pwerle, ou encore leurs héritières les soeurs Petyarre, la communauté d'Utopia a produit des peintures tout à fait traditionnelles.
Ces 6 toiles, assez anciennes, témoignent de ce qu'a été la peinture il y a une vingtaine d'années : la transposition de peintures de corps cérémonielles, transfigurées par un travail de
pointillisme extrêmement méticuleux.
Ici on ressent toute la lenteur méditative qui a accompagné la réalisation de ces motifs qui ne sont rien de moins que la présentification de l'esprit ancestral.
George Club
Wally Clark
Josie Pitjara
Rosie Pula
Mary Club Pitjara
Mary Lewis
Détail
de
Mary Lewis
Le Rêve du feu commence à Warlukurlangu, en territoire Warlpiri. C'est l'histoire d'un
vieux lézard à langue bleue amoureux d'une donzelle kangourou. Le vieux lézard, à demi aveugle, avait chargé ses deux fils, les Jangalas, de chasser pour lui. Evidemment il leur avait bien
recommandé de ne point toucher à la jeune et jolie kangourou pour laquelle il soupirait et multipliait les chants d'amour en espérant qu'elle vienne à lui. La magie était puissante et
la petite kangourou rôdait de plus en plus près du campement.
Mais les Jangalas boys, deux benêts assez fainéants, las de chasser de plus en plus loin, passèrent outre les recommandations du vieux lézard, occirent la jeune kangourou à la chair tendre, et la
servirent au repas du soir, pensant que leur père n'y verrait que du feu.
Le vieux se régala et félicita ses garçons. Mais le lendemain, lorsqu'il ne vit plus la jeune kangourou, il comprit qu'il avait mangé sa bien-aimée.
Le Lézard à langue bleue était sorcier et, dans sa rage, il déclencha un feu magique contre ses garçons. Tout le bush s'enflamma. Les Jangalas s'enfuirent vers le sud jusqu'en
territoire Pitjantjara, mais le feu les suivait. Il attaqua leur pieds, les jangalas fuyaient toujours, il attaqua leur genoux, leur corps, remonta jusqu'à leur tête. Les jangalas boys
décidèrent de revenir sur les lieux du crime et d'implorer le pardon de leur père. Mais ils moururent en arrivant. On retrouva d'eux leurs os, leur bandeaux de cheveux tressés, leurs armes.
Il existe différentes versions du Rêve du feu dont l'itinéraire, jalonné de lieux sacrés, traverse le territoire de plusieurs tribus. Mais toujours la faute, la transgression de
l' interdit consume les Jangalas boys jusqu'à la mort. Le thème du remord dévorant est transculturel et ce feu magique qui les poursuit jusqu'à la consomption n'est pas sans rappeler
le Caïn de la Bible poursuivi par l'oeil jusqu'à la tombe.
Les héros du Temps du Rêve, Grands Ancêtres des Aborigènes, sont souvent des contre exemples de ce qu'il convient de faire pour bien vivre en société. Cette histoire, que chacun peut
entendre, peut ainsi enseigner selon les sensibilités :
Que prendre l'Ancien pour un vieux sénile n'est pas bien
Que l'anthropophagie est un vilain défaut (il ne vous aura pas échappé que lézards et kangourous du temps du Rêve ont une grande part d'humanité)
Qu'il est très mal de manger sa future belle-mère
Que les vieux lézards n'ont pas à convoiter les jeunes filles kangourous
etc...
Warlukurlangu, le Rêve du feu, est un thème très présent chez les peintres aborigènes qui possèdent une fraction de l'itinéraire et un fragment du mythe et sont donc habilités à le
représenter.
Voici deux exemples :
1. "Warlukurlangu, Fire dreaming"
par Clifford Possum Tjapaljarri ( link)
acrylique sur lin,127x98 (exposée à Monaco)
non
disponible
Clifford Possum, l'un des artistes aborigènes les plus connus, a été un ambassadeur de son peuple à travers le monde. Clifford a peint une série de ce motif très fort émotionnellement
qui illustre la fin de l'histoire : les Jangalas réduits à l'état de squelettes consumés par la faute autant que par le feu.
Les toiles de Clifford Possum, décédé en 2002, sont aujourd'hui des pièces de collection.
.
2. "Warukurlangu, Fire dreaming" par Maureen Hudson Nampijimpa,
acrylique sur toile, 205x159(exposée à Monaco)
vendu
Ce magnifique tableau, de taille imposante, évoque le feu magique qui court dans les spinifex (l'herbe du bush)
Détail de "Fire dreaming"
Maureen Hudson Nampijimpa, est une artiste de 50 ans, extrèmement créative, qui sait puiser à la source mythique tout en travaillant ses motifs avec un sens esthétique étonnant.
Ces deux oeuvres soulignent également la complémentarité des hommes et des femmes: Clifford en tant qu'homme est en lien du monde des esprits et avec la mort, (et le site où les
jangalas ont péri est un site sacré masculin), Maureen en tant que femme, est concernée par le monde sensible, la nature, le pays.
vendu
Marapinti de Naata Nungurrayi
Cette toile très riche est liée, comme toutes les toiles aborigènes, à une histoire très précise du Temps du Rêve, histoire qui est à l’origine de l’existence d’un territoire bien défini que
Naata cèlèbre et fait vivre dans son œuvre.
Le motif est celui d’un lieu nommé « Marapinti », un site rocheux qui crée des points d’eau (les cercles), situé au cœur du grand désert de l’ouest. Les arcs de cercles sont les collines rocheuses qui caractérisent le site.
Un groupe de femmes (signes en U repérables en divers endroits du tableau) a campé en ce lieu dans le Temps du Rêve, et y a donné des
cérémonies. Puis ces héroïnes sont reparties vers l’est selon un itinéraire que les initiés comme Naata connaissent précisément et qui traverse Ngaminya, Kiwirrkura, Wirulnga. En chemin elles ont
ramassé des baies comestibles, sorte de raisins sauvages (d’autres cercles).D’autres signes (petites lignes parallèles)
évoquent les peintures de corps ou scarifications. L’aspect séquencé reste mystérieux. Il peut s’agir d’une répétition de la séquence, destinée à lui donner de la force ou bien de plusieurs
séquences du mythe.
réf 1702
Ce second motif, tout aussi classique de Naata, rend compte d une sorte de quadrillage naturel que crée le ruissellement dans certaines parties du territoire.
Biographie
Naata est née vers 1932 à Kumil un site proche de Marapinti. Elle a rejoint vers 1965 le camp de regroupement de Papunya où devait naître quelques années plus tard le mouvement de la peinture contemporaine aborigène. Elle-même a commencé à peindre sur toile en 1996. Elle est aujourd’hui l’une des 10 artistes aborigènes les plus collectionnés. Elle est la mère de Kenny Williams Tjampijimpa et la sœur de Nancy Ross Nungurrayi, tous deux peintres de renom.
Présence :
National Gallery of Victoria
Art Gallery of New South Wales
Museum and Art galleries of northern territories
Aboriginal Art Museum, The Netherlands
Mamac de Nice, exposition en 2008
Voir d'autres oeuvres de Naata Nungurrayi : 1, 2
enregistrer
Pour des raisons historiques, et jusqu’en 1990, la peinture aborigène contemporaine a été le fait des hommes. Puis en 94 fut lancé le projet de peinture féminine incluant des travaux collectifs et individuels. Beaucoup des femmes qui y participèrent étaient les sœurs, filles ou épouses de peintres déjà connus, elles avaient assisté les hommes dans leur travail pendant plusieurs années. Pendant longtemps, le fait que les femmes aborigènes ont leur propre champ spirituel avec leurs lieux, leurs cérémonies, leurs symboles, a été ignoré par les anthropologues, hommes pour la plupart. Il fallut attendre des chercheuses de terrain comme Barbara Glowzewski ou Françoise Dussart pour révéler toute la richesse de la spiritualité féminine.
Les femmes affirmèrent très vite leur propre style : la peinture appliquée finement, motifs libres, couleurs vives et variées, depuis la palette noire, rouge et blanche de Ningura Napurrula, qui décore aujourd’hui un plafond du musée Branly, jusqu’aux pastels de Kayi Kayi, les dorés de Nancy Gibson, les orangés hardis de Naata Nungurrayi.
Les thèmes sont ceux des grandes héroïnes du Temps du Reve, de leurs aventures à travers le désert, des éléments qu’elles ont créés, des cérémonies qu’elles ont initiées. Collines, points d’eau, éléments de rituels comme les cheveux tressés ou les b^atons cérémoniels sont représntés dans la trame narrative.
Le motif sacré est d’abord tracé, puis affirmé d’une couche de peinture. Puis les femmes utilisent souvent une technique de remplissage par points (dots) qui structure toute la surface de la toile, laissant visible le dessin initial, le valorisant et créant un effet vibrant et pulsatile qui est le signe du sacré.
Naata Nungurrayi
réf 87
Kayi Kayi Nampijimpa 152X121 réf.1176
Nancy Gibson Napanangka
Mynima inmaku 152X46 Réf71
Exposition « Présent d'Origine » aux journées du Patrimoine, Université
Catholique de Lyon, les 20 et 21 septembre
Par delà les styles, les histoires, les continents et les cultures c'est à une mise en dialogue de toiles d'artistes aborigènes d'Australie et de ses propres toiles que vous convie Annick Roubinowitz dans son exposition « Présent D'Origine ».
Il y a peu de temps encore, Annick ne connaissait rien à l'art aborigène. La rencontre se fit pas notre Association « Wanampi Art et Tradition Vivants ». Elle découvrit alors avec émotion combien son propre processus créatif était proche de celui des peintres Aborigènes.
La peinture d'Annick est profondément spirituelle. Elle se nourrit de notre fond culturel judeo-chrétien : textes bibliques, hébraïques, kabbalistiques... de la même manière que les Aborigènes le font avec leur « Temps du Rêve ». Comme eux elle questionne au plus profond la création et la vivifie.
« Cette exposition dit Annick, est un manifeste pour un art contemporain « relié », non amnésique, inscrivant sa pratique dans une filiation et une
transculturalité ». Mais là ne s'arrêtent pas les
analogies : « Le
temps du Rêve, écrit-elle, correspond pour moi au temps de l’Origine du Paradis, notre Eden. Je présente donc des peintures extraites de cette série
d’inspiration cosmogonique. Des toiles de ma série sur Le Dragon (
que l’on peut rapprocher du Serpent aborigène) seront présentées également. Enfin, des toiles de la série Le Corps Beau présenteront ma relation avec le thème des esprits enfants. »
Laissez vous offrir ce « Présent d'Origine », vous y verrez la convergence des imaginaires, l'émergence de formes archétypales et la force des symboles qui témoignent de l'universalité de l'Esprit humain.
17 oeuvres aborigènes dialogueront avec autant de toiles d'Annick Roubinowitz. L'artiste sera là pour échanger avec vous sur ce présent inestimable fait aux humains que l'on nomme « Créativité »
"La terre enfantée", d'Annick
Roubinowitz
"Tjiturrulpa " d'Eileen Napaljarri
Renseignements :
Annick Roubinowitz 04 75 25 54 10
ou 06 88 08 99
94
Vendu
"Goanna dreaming" de Debra Nangala McDonald
Groupe/langage : Luritja
150X92
Acrylic sur toile
réf 130
Ulwalki, Watija Tjuta (acrylique sur toile, 122X92 réf 119)
de Mitjili Napurrula groupe / langage Pintupi
Voir
Mitjili Napurrula,
le versant féminin
du "Rêve"
vendu
Ulwalki, watiya Tjuta (Ulwalki, des arbres)
Acrylique sur toile, 152X92 réf 118
"TINGARI" de Charlie Tjapangati
Groupe/langage : Pintupi
Acrylique sur lin
152X91
VENDU
Charlie est né en 1949, il est déjà un jeune homme très initié lorsqu'il « sort » du
désert et arrive à Papunya en 1964, C'est là qu'il commence à peindre en 1978 au contact des aînés. En 1982, comme la plupart des Pintupis, il rejoint le nouvel établissement de Kintore sur la
terre ancestrale désormais propriété Aborigène grâce à la politique d'auto dérmination.
Il y vit aujourd'hui encore.
Il peint des « Histoires Tingari », ces mythes très secrets que seuls connaissent les initiés. Les éléments de cette peinture correspondent à un premier niveau de connaissance. Ici sont évoqués les pérégrinations des héros Tingaris parcourant le désert d'où l'aspect de labyrinthe, on peut aussi « voir » l'ondulation des longues dunes parallèles caractéristiques du territoire Pintupi.
Ces images défient évidemment la simple logique et l'interprétation narrative. Les observateurs que nous sommes peuvent cependant ressentir leur profondeur spirituelle sans qu'il soit nécessaire d 'en comprendre chaque détail.
Vous pouvez voir ces peintures lors des expositions que nous organisons dans différentes villes de France ou sur rendez-vous.
Contact : 0609306845 wanampi.mp@orange.fr
Partenaires :
Dijon : Espace Christian Tiercin, 30 rue charrue ; Lyon exposition permanente, l'Encadreur du Parc, 38 rue Tête d'or; Nice : Exposition permanente, Noor Arts, 2 rue Valperga, 0607937475; Strasbourg : Noor Arts, tel : 0607937475