Art aborigène : à l'origine des images, le tjuringa

Publié le par Wanampi

Tjuringa (ou tjurunga) est le nom donné par les Aborigènes a certains objets sacrés et extrêmement secrets, porteurs, recto verso, des motifs claniques. Ce sont des objets gravés, de formes variées, plates, arrondies ou ovales, en bois ou en pierre. Leur importance est considérable dans les cérémonies telles que l'initiation des jeunes hommes.

Objet mystèrieux entre tous, le tjuringa est véritablement une matérialisation de l'esprit ancestral. A ce titre il est considéré comme dangereux. Le voir et le manipuler est réservé aux hommes pleinement initiés des clans dont le rôle est le dialogue avec le Tjukurpa, l'espace temps sacré, celui d'avant la naissance et d'après la mort, que nous nommons "Temps du Rêve".

Si ces images proviennent du Temps du Rêve, comment surgissent-elles dans la pierre ou le bois ?

Selon les Aborigènes, un churinga est produit spontanément lorsque l'esprit ancestral vient s'incarner dans le corps d'un l'enfant à naître, c'est à dire lorsque la future mère ressent les premières manifestations de sa grossesse. L'objet n'est pas immédiatement accessible, il s'agira, pour le père, aidé des aînés de sa famille de le rechercher. Les indications fournies par la mère, notamment le lieu où elle a ressenti sa grossesse pour la première fois, permettront d'identifier l'esprit ancestral et guideront les recherches.

On peut supposer qu'un grand-père connaissant l'emplacement d'un churinga ayant appartenu à une personne décédée, aidera à dénicher l'objet.

Parfois le churinga est trouvé, parfois non. Dans ce dernier cas, les hommes en fabriquent un nouveau qu'ils gravent des motifs claniques de l'enfant, c'est à dire les motifs attachés à son esprit ancestral (par exemple opossum, grenouille, kangourou ou autre... )

Quoi qu'il en soit, chaque Aborigène possède son churinga caché dans quelque grotte ou anfractuosité et que l'on ne sort que pour les cérémonies importantes. Les churingas des femmes sont gérés par les hommes initiés, elles en connaissent l'existence mais ne les voient pas. Les motifs leurs sont communiqués sous forme de peintures de corps ou de sol, lors de leur initiation.
 

Les toiles sont souvent la reprise pure et simple d'une face du churinga, ici par Kenny Williams Tjampijinpa.
Kunya Kutj
ara (Deux serpents) 152x91 acrylique sur lin


Cette toile parle du cheminement des 2 serpents Pythons, appelés Kunya, et de leur voyage mythique jamonné de points d'eau (les cercles). Les lignes ondulantes rappellent la trace des serpents dans le sable et aussi le ruissellement de l'eau dont ils sont créateurs.

Publié dans ART D'AUSTRALIE

Commenter cet article

Franck 22/02/2011 10:14



D'accord je vais voir ce que dit Glowczeski. Je suis allé sur le site de la FNAC en tapant son nom ... est ce que vous connaissez un peu ce qu'elle a fait ? vous me conseillerez lequel ?


Merci a bientot


http://recherche.fnac.com/Search/SearchResult.aspx?SCat=0%211&Search=Barbara+Glowczewski&download_ebook=&bl=HGACrera&sft=1&submitbtn=Ok



Franck 21/02/2011 17:43



Bonjour,


En lisant cet article, si je comprends bien, chaque personne possède un churinga. Pourtant Émile Durkheim écrit dans "LES FORMES ÉLÉMENTAIRES DE LA VIE RELIGIEUSE" que le totem est identique
pour chaque personne faisant partie du même clan...



Wanampi 21/02/2011 18:05



Cela n'est pas contradictoire... J'ignore si tous les chringas d'un même totem au sein d'un clan sont identiques . Lisez Glowzewski qui a passé près de 30 ans sur le terrain.



Anne-Marie 21/09/2009 19:16

Eh bien, je suis ravie d'apprendre ce qu'était le chirunga dont je n'avais pas encore entendu parler, mais j'ai tant à apprendre encore. Je suis curieuse, qui es-tu Wanampi ? Seras-tu là à l'expo qui aura lieue à Strasbourg où je viendrai coûte que coûte.

Wanampi 21/09/2009 20:16


Il ne faut pas parler au passé, le churinga existe encore, comme toute la spiritualité aborigène.  Bien sûr je serai à Strasbourg, c'est moi qui fait la conférence. A bientôt donc