Aux sources de la peinture aborigène... Le musée Branly, les Aborigènes et nous...

Publié le par Wanampi

Entre le musée du quai Branly, les Aborigènes, et nous, Français, c'est une véritable histoire d'amour!  Car c'est bien au moment de la création du Musée de Jean Nouvel qu'est né le grand intérêt de nos compatriotes pour cet art à nul autre pareil.

Rappelons que plusiers artistes aborigènes avaient été conviés à intervenir sur l'architecture du musée et qu'ils firent la Une de la presse. Nous pûmes découvrir alors les visages empreints d'une sagesse profonde de ces personnes pour la plupart d'âge respectable, nées  dans le bush le plus reculé, et qui n'avaient connu notre monde que vers 20 ou 30 ans. Depuis ce temps une collection permanente émerveille les visiteurs.

Ronnie2Ronnie Tjamijinpa, Musée du quai Branly


Aujourd'hui c'est une collection importante des toutes premières oeuvres de Papunya (du nom de la première coopérative créée), et on sent bien, à regarder ces petits morceaux de bois approximatifs, récupérés à l'insu de l'administration, surchargés de signes, souvent noyés de points, mais d'une grande puissance, que ce fut là un acte difficile, un acte de sauvegarde et un acte subversif. Subversif vis à vis de la politique d'éradication de la culture aborigène  instaurée par les autorités d'alors, mais plus transgressif encore vis à vis du secret de la loi du Tjukurrpa, le temps du rêve.

 

Trangresser le sacré pour ne pas mourir, moment douloureux s'il en est!


Emotion aussi à voir les images de dénuement du camp de Papunya, et ces hommes, habitués à aller nus et fiers, mal fagotés dans des hardes dont on les a affublés et auxquelles ils n'attachent d'ailleurs aucune importance... Ces visages tristes et graves qui ne s'éclairent que lorsque les signes sacrés, enfin, sont tracés, restituant la dignité des Hommes.

Vous remarquerez qu'il n'y a aucune peintures de femmes. C'est que celles-ci, au temps de Papunya, ne peignaient pas encore sur nos matériaux. Geoffrey Bardon, l'enseignant qui incita les Aborigènes à le faire, passa totalement à côté des potentialités féminines. Il faut dire que, en tant qu'homme, il n'eut accès qu'aux secrets d'hommes. Les femmes ne se saisirent de l'acrylique qu'à partir des années 80. 

 

Ronnie Tjampijinpa, toile de 1996 , exposée à Lyon, 38 rue tête d'Or 69006

Ronnie

 Ronnie 3

"Aux sources de la peinture aborigène" montre un moment clé de la naissance du dernier grand mouvement de l'art contemporain, ne manquez pas cette rétrospective qui vous consolera de la vacuité de certaines oeuvres contemporaines occidentales.


Si vous voulez savoir comment cette peinture a évolué dans les années 90 et 2000, rendez-vous chez Anne Guillaume, galeriste à Lyon, vous y retrouverez des oeuvres de certains de ces précurseurs et de leurs héritiers.

Et vous y verrez des oeuvres de femmes!

 

Ci-dessus : Ronnie Tjampijinpa aujourd'hui

 

En savoir plus sur les Aborigènes, voir notre rubrique LIRE

 

 

Publié dans ART D'AUSTRALIE

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essay editor 24/07/2014 09:15

Tout objet qui a une masse à l'arrêt, comme un morceau de la matière ordinaire, on dit qu'il a la masse au repos, ou une quantité équivalente d'énergie dont la forme est appelée énergie reste, si ce n'est pas immédiatement apparent dans les phénomènes de tous les jours décrites par la physique classique .

Terrain le blog 23/10/2012 13:06


Bonjour


Voici un article intéressant sur la peinture aborigène : http://blogterrain.hypotheses.org/5186


Bien cordialement,