Lundi 28 décembre 2009 1 28 /12 /2009 10:33

Mail0629[1]

Le peintre Willy Tjungurrayi,

l'un des derniers fondateurs

du mouvement contemporain


C'était il y a longtemps, bien avant que l'homme occidental n'ait mis le pied sur le sol ancestral des Aborigènes....

...  L'hiver austral était froid cette année là. Le petit matin trouva les hommes serrés autour des braises mourantes, à demi enterrés dans le sable, les chiens contre eux. Patjili passa son bras sous le ventre chaud de Paipai la femelle dingo qui dormait contre lui, et celle-ci, tirée de son sommeil par ce contact familier, étira ses pattes avec délice. Les chiens et les hommes avaient partie liée depuis longtemps sur cette terre, il semblait bien qu'un lien étroit les unissait sans pour autant que l'un soit inféodé à l'autre. Les chiens et les hommes cheminaient ensemble depuis des temps très anciens, depuis que, lors de la création du monde, Wati Kulpunya, l'homme sage ancestral, avait nourri les petits de la femelle Uljunya, après qu'elle se fut brisée une patte.

Il entrouvrit les paupières et vit que le ciel s'éclairait au dessus de lui, l'aube naissait et les hommes commençaient à bouger. Il vit son père qui ranimait le feu et plus loin, des femmes assises qui donnaient le sein à leur bébé. Le groupe ne repartirait pas ce jour là, ni les jours suivants car l'abondance amenée par l'eau permettait de séjourner encore en ce lieu. Des babils d'enfants lui parvinrent des foyers familiaux répartis dans le bush sous les gommiers blancs, assez loin les uns des autres pour ménager un semblant d'intimité mais assez proches cependant pour se sentir présents les uns aux autres. Il pensa à sa mère et à ses petits frères blottis l'un contre l'autre là-bas. C'est près d'eux qu'il dormait lui aussi il y a peu, et la pensée de cette douceur lui serra le coeur. Maintenant il était presque un homme, un homme du clan du chien. Il avait passé sa première initiation et il dormait dans le camp des novices.

Patjili se redressa et balaya du regard le campement qui s'animait. Tous étaient beaux et en bonne santé car la saison humide était pourvoyeuse de bonne et belle nourriture. Le petit lac temporaire auprès duquel était installé le campement était plein à ras bord, des racines et des fruits gorgés de sève abondaient sur ses rives et attiraient les dindes sauvages, les kangourous et les émeus. Un jour comme tous les autres jours commençait pour le petit groupe nomade, plein de promesses de viande fraîche, de fruits savoureux, de chants et de rires.

Ils n'étaient que 28 personnes depuis que trois anciens s'en étaient retournés au pays des Ancêtres. La dernière saison sèche avait été dure, elle exigeait des déplacements longs et fréquents à la poursuite du gibier. Les hommes partaient de longs jours à la chasse et souvent revenaient sans rien, la mine honteuse d'être nourris par la cueillette des femmes. Lézards et les serpents avaient constitué la viande la plus courante pendant des lunes. C'est alors que les anciens étaient retournés dans le Rêve car leurs jambes usées n'arrivaient plus à marcher du crépuscule jusqu'à l'aube pour ralier les points d'eau permanents.

Lors du grand rassemblement, au creux de la montagne, des cérémonies avaient été menées, Patjili ne savait rien sur elles, si ce n'est qu'un jour lui aussi serait une homme sage et qu'il irait dans le secret des secrets de son clan et que par ses chants, il ferait renaitre la vie sur sur cette terre aride dont il était issu. Les hommes de chaque clan avaient disparu tour à tour pendant de longs jours, après s'être dépouillés de leurs armes de chasse. Patjili savaient qu'ils n'étaient pas à la chasse mais occupés à des tâches d'une bien plus haute importance, des choses sur lesquelles il ne devait poser aucune question.

Peu après, la première pluie était arrivée, le désert s'était couvert de fleurs, les animaux étaient revenus et leurs femelles avaient mis bas. Et, plus tard encore, plusieurs femmes de la tribu avait arboré avec fierté un ventre qui s'arrondissait. Tout cela était l'oeuvre des hommes sages, les pères, dont il ferait partie un jour...."

 

 Deux oeuvres de Willy Tjungurrayi

HAIL STORM AT KAARKURATINYTJA


Tingari de Willy Tjungurrayi

 

 


 

Willy 150x92-copie-1

Par Wanampi
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Commentaires

 

Bonjour,

Je suis graphiste free-lance actuellement à Montréal je suis venu sur votre blog via l'annuaire d'over-blog. Ce que vous faites est pas mal du tout

Je vous invite à découvrir ce nouvel article sur mon blog, http://www.nicolaslizier.com/article-creation-nicolas---csi-ny-don-flack-43786661.html

Je vous souhaite une bonne continuation sur votre site.

A bientôt

Nicolas graphiste à Québec

Commentaire n°1 posté par lizier le 04/02/2010 à 06h17

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