L'enchantement du monde, peintres aborigènes à Strasbourg

Publié le par Wanampi

Exposition "Peintres aborigènes gardiens de la terre" à Strasbourg en mai 2010

 

Depuis plus d'un siècle, nous les exclus du sacré, scrutons ce peuple imprégné de spiritualité à travers le regard d'innombrables observateurs et penseurs, anthropologues ou psychanalystes (ou les deux) dont les plus prestigieux furent Géza Roheim, Levi-Strauss, Mauss, Durkheim, et d'écrivains dont le plus romantique  fut sans doute Bruce Chatwin. Tous ont essayé de recueillir les secrets de cet état initial de l'humanité dont nous cultivons la nostalgie.

En même temps, notre système économique et culturel broyait sans vergogne ces sociétés premières. Nous étions tous persuadés, alors, que c'était la marche normale de l'évolution, les sociétés dominantes digérant et anéantissant les plus faibles. C'était une loi de l'histoire, en somme, pour ces peuples d'avant l'histoire. Même des anthropologues sincères et bien intentionnés tels que Strehlow, étaient persuadés qu'ils captaient les derniers feux d'une culture condamnée.

Les anthropologues du débuts du XXème siècle tels que Strehlow, cependant sincère et bien intentionné, étaient persuadés qu'ils captaient les derniers feux d'une culture condamnée.

Ils se trompaient, à l'heure actuelle la population aborigène croît régulièrement, retrouvant son niveau d'avant la colonisation. Culturellement, si dans les zones urbanisées les traditions se sont presque intégralement perdues, il en va tout autrement dans les Territoires du nord et aussi l'Australie de l'ouest qui concentrent le plus grand nombre d'Aborigènes. Des communautés autogérées gardent une spiritualité intacte qui permettent d'initier les jeunes et de revitaliser le monde par les grandes cérémonies.

Aujourd'hui, des caméras et des micros parcourent les faubourgs des villes, parfois les communautés de l'intérieur, pour nous livrer les images souvent misérabilistes et les (rares) paroles de ces gens qu'on nous donne comme tellement mystérieux et merveilleux malgré leur incorrigible ivrognerie. Les reporters d'aujourd'hui comme les anthropologues d'hier cherchent à débusquer cette chose dont nous nous sommes privés et qu'eux gardent vivante: l'enchantement du monde.

Et si le meilleur moyen d'appréhender l'univers de ces hommes et de ces femmes qui circulent à travers les mythes, les symboles et les chemins du Rêve aussi à l'aise que nous dans nos centre-villes, était celui qu'eux-mêmes nous proposent : contempler leur peinture...


Soixante de ces toiles, issues des communautés du désert, seront exposées à Strasbourg du 21 au 30 mai 2010, 6 rue des moulins, La Petite France.


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           Nyurrapaya Bennett Nampijinpa, "Punklipirri" 112x102

Publié dans Programme d'EXPOSITION

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CLOVIS SIMARD 15/11/2011 16:21



Blog(fermaton.over-blog.com).No.17- THÉORÈME TOURNESOLS. - Les MATHS de L'ENCHANTEMENT.