LIRE... Ce qu'il advint du sauvage blanc, de François Garde

Publié le par Wanampi

 (Prix Goncourt du premier roman 2012)    TELECHARGEABLE !!ce qu'il advint du sauvage blanc... SL500 AA300

     Le roman est basé sur une histoire vraie, celle de Narcisse Pelletier, jeune matelot du XIXème siècle, oublié sur une côte encore inexplorée du nord-est de l'Australie et recueilli par une tribu côtière. Retrouvé après 17 années, il a perdu sa langue, a oublié son origine, et est devenu un véritable sauvage blanc.
    L'autre personnage d'importance est fictif, Octave de Vallombrun est un anthropologue raté qui rencontre le sauvage blanc à Sydney et qui, touché par son histoire, va consacrer toute sa vie à lui rendre son identité.
      Le véritable Narcisse Pelletier a dit très peu de choses sur sa vie parmi les Aborigènes, il a donc fallu tout l'imagination de l'auteur pour raconter les premiers contacts du matelot avec les Aborigènes, sa vie parmi eux, ses espoirs de retrouver les siens, sa nostalgie poignante, sa colère de se voir ainsi condamné à une vie primitive, puis l'oubli progressif ... et jusqu'à son intégration par le rire.
     Nous suivons en alternance les deux histoires. Celle de Vallombrun s'écrit à travers les lettres qu'il adresse à la société de géographie, lui expose ses observations, ses efforts, ses recherches et les progrès de son protégé. Malgré les préjugés racistes dont il fait état - et qui sont ceux de son époque - nous suivons  avec émotion son abnégation pour rendre Narcisse à la civilisation, puis lui redonner une place dans la société.
      Quant à la tribu aborigène, nous la voyons vivre et agir à travers les yeux d'un jeune homme traumatisé et dérouté, c'est à dire sans jamais comprendre à quoi correspond telle ou telle pratique ou action. Et c'est  une petite frustration pour le lecteur.
      En fait le groupe qui recueille Narcisse apparaît comme extrêmement primitif, parfois cruel, et pour tout dire, assez bestial. Nous sommes là assez loin du « bon sauvage », et à des années lumière des « aristocrates du désert » (dont a parlé Levi-Strauss) dont chaque action est nourrie d'une intense spiritualité.
     Reste un superbe roman d'aventure, où la psychologie des personnages tient une place primordiale.

 

  EXTRAIT


... Il s'habituait peu à peu à la misère physique, à l'incertitude sur son sort, à la nudité, à l'infecte nourriture. Infiniment plus dure était l'absolue solitude : il comprenait qu'il était condamné à une privation complète de relations humaines. Amitié, camaraderie, amour, complicité, respect, séduction, sexe, toute la gamme des sentiments lui était désormais interdite. Personne avec qui partager - là était le plus profond désespoir. Et pleurer sur lui le consolait un peu...

 

Un nouvea roman sur les Aborigènes vient de paraitre : Enfant du Rêve


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