LIRE... Les derniers nomades d'Australie, de W.J. Peasley

Publié le par Wanampi

   512V0A8G1TL._SL500_AA300_.jpg L'histoire commence en 1976 lorsque W.J. Peasley, un médecin australien devenu anthropologue et passionné de sites aborigènes, aperçoit de la fumée dans un endroit prétendûment vide de toute vie humaine. Interrogeant les Aborigènes, il apprend que deux d'entre eux, Warru et Yatungka ont fui leur tribu, et repris la vie nomade pour vivre leur histoire d'amour interdite par les règles de parenté. Depuis des décennies ils errent dans ce qui fut le territoire des Mandiltjaras, au coeur du  désert Gibson, l'une des régions les plus sèches et  inhospitalières d'Australie et nul ne pensait jusqu'à cette fumée que le vieux couple pouvait encore être en vie.

 

    Peasley s'attache un pisteur hors pair, Mudjon - vieille connaissance du couple fautif puisqu'il fut déjà chargé de sa traque au moment de sa fuite - monte une expédition et part à sa recherche.
Avec eux nous suivons la « Canning stock route » qui fut créée par les éleveurs pour convoyer les troupeaux depuis le Kimberley vers les régions minières du sud. Puis, guidés par Mudjon, nous nous enfonçons dans des territoires les plus hostiles, traversons des étendues desespérantes de dunes interminables, de mulga et d'herbe porc-épic,  visitons des sites jadis habités puis  abandonnés par les tribus lors de leur exodes des années 50-60 et découvrons des sites pétroglyphiques secrets.


    Pendant des jours et des jours, Mudjon ne trouve aucune trace de Warru et Yatungka, et c'est avec une grande nostlagie qu'il revoit les lieux de son territoire abandonné qu'aucune cérémonie ne vient plus faire vivre.
Peasley et son équipe en profitent pour faire des relevés topographiques et nommer les lieux. On se prend à douter de trouver le vieux couple encore vivant dans une telle désolation.Tjawina Porter nampijinpa


    Mais Warru et Yatungka finissent par être retrouvés. Très malades et dénutris, ils sont ramenés vers la ville de Willuna. Terrifiés par leur voyage en camion, contraints d'abandonner leurs fidèles dingos, ils sont pathétiques et nous souffrons avec eux. A leur arrivée la tribu totalement destructurée par le changement de vie et l'alcool a, bien sûr, oublié ses griefs, d'ailleurs la tradition n'est plus respectée et les efforts de Mudjon pour conserver les valeurs d'antan sont restées vaines.


    Pendant tout le voyage, Peasley doute du bien fondé de son entreprise et nous doutons fortement avec lui. N'aurait-il pas mieux valu laisser ces gens à leur destin? Ils ne reconnurent pas les leurs et ne vécurent que 2 ans après leur retour.


  Le désert : Un paysage rouge et monotone mais plein de mystèrieuses vibrations...

Ici par Tjawina Porter nampijinpa


    L'auteur, tout en s'apitoyant comme beaucoup de ses contemporains, se montre très pessimiste quant à la survie de la culture aborigène et considère comme un signe des temps, une loi de l'histoire en somme, que les peuples d'origine soient balayés, digérés, par la « civilisation ». Les quarante dernières années ont prouvé qu'il avait tort, la spiritualité aborigène demeure envers et contre tout, et, si la vie se tranforme, la culture, elle, est bien vivante.


   Le livre s'intitule « Les derniers nomades »... Peasley ne pouvait savoir qu'une tribu vécut la vie nomade ancestrale à l'insu de tous jusqu'en 1984... Et aujourd'hui, une communauté du désert (Kiwirrkura) assure que deux groupes nomadiseraient à l'ancienne autour du lac MacKay.

 

Un nouveau roman sur les Aborigènes vient de paraitre : Enfant du Rêve


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