PAD, Paris Art + design 2014 : Ningura Napurrula, Nancy Ross Nungurrayi, Ronnie Tjampijimpa et quelques autres... au jardin des Tuileries jusqu'au 30 mars.

Publié le par Wanampi

  Chaumont-0116.JPGDans le secret des dunes de Mantjintjalkara, des femmes initiées se sont réunies pour collecter des fruits sauvages appelés Kamparapara et célébrer ce don des femmes ancestrales au monde profane.
Avec ces fruits séchés les femmes font des galettes (les latjas) qui seront consommées au cours de nombreux rituels.
Dans la toile, les cercles concentriques sont des points d'eau ou des sites  cérémoniels, les femmes sont représentées sous forme de symboles en U plus ou moins ouverts, parfois accolés au cercle. Les petites ronds noirs sont les fruits, les petits cercles sont les latjas. Les dunes, nombreuses et serrées, forment le paysage. Ce motif « collines » en demi cercles concentriques est souvent repris par les femmes pour se peindre les épaules et les seins, auxquels il fait penser par sa forme.
  Les peintures de Nancy Ross sont la reprise scrupuleuse d'une tradition qui remonte à 60 000 ans.
 Toute personne qui a visité Ayers Rocks ou d'autres sites de peintures rupestres en Australie a pu voir ces cercles concentriques reliés par des lignes, entourées parfois de demi cercles, de symboles en U... C'est le pur langage du désert.

 

nancy-working.jpgNancy naquit vers 1935 à « Karrku » une grande colline à l'ouest de Kiwirrkura, au cœur du désert de l'ouest à 800 kms de la ville la plus proche, Alice Springs. Nancy ne « sortit » du désert, dûment initiée, qu'en 1962 accompagnée de son mari, de deux coépouses, de sa sœur Naata Nugurrayi et de son frère George Tjungurrayi, ces deux derniers peintres de renom.

Elle et son groupe furent alors contraints à la sédentarité par une patrouille du service social indigène (Welfare indigenous patrol).

Elle vécut un temps à Papunya, la communauté où naquit, en 1971, le mouvement de la peinture contemporaine aborigène, puis devenue veuve, elle s'installa à Kintore avec sa famille.

Elle commença à peindre au début des années 90 comme la plupart des femmes peintres aborigènes après qu'elles eurent réintégré le territoire pintupi tant aimé.

Elle participa au grand projet des femmes de Kintore en 1994, qui aboutit à l'exposition « Genesis and genius » organisée par la « Art Gallery of New South Wales », énorme succès qui marqua le démarrage de la peinture féminine.

Sa palette d'ocres, proche des terres naturelles, son travail toujours très soigné, ses compositions d'un grand classicisme en font une base incontournable de collection. 

Petite femme fluette,mais énergique, lle vécut dans une proximité quasi fusionnelle avec sa plantureuse sœur Naata, peignant les mêmes sites et histoires dans des styles radicalement différents.

Elle décéda en 2010 laissant Naata dans un profond désespoir dont elle faillit ne pas se remettre

Theresa Nowee, Jorna Newberry (ci-dessous), artistes montantes, cette dernière nièce de Tommy Watson, ansi qu'une oeuvre saisissante de Esther Giles Nampijinpa sont également présentées.

 

SAM_0075.JPG..Rêve du vent, de Jorna Newberry, 120x120, 

Publié dans ART D'AUSTRALIE

Commenter cet article