Art d'Australie

Vendredi 27 janvier 2012 5 27 /01 /Jan /2012 00:00

 

         Glory Ngale, Women's ceremony, 122x80, acrylique sur lin,
collection privée, origine Utopia
Au centre, 4 femmes en cérémonie, leur "digging stick" à leur côté. Aux 4 coins des femmes autour de leur feu, scène répétée pour lui donner force. De part et d'autre de la scène centrale, des épaules et des seins décorés pour la danse ("body paint")

La facture très soignée de cette toile, son pointillisme méthodique, témoignent d'une conception spirituelle de l'acte de peindre. Après avoir tracé le motif initial, sacré, rapidement et d'un trait sûr, qui ne se reprend pas tant la main le possède, et avoir ainsi rendu présent l'esprit ancestral qui l'habite, le peintre remplit l'espace de points, magnifie sa toile et donne à cet agir une valeur méditative

Le pointillisme a toujours été utilisé dans la manière de peindre des Aborigènes et les plus anciennes traces archéologiques, qui remontent à des dizaines de milliers d'années,sont quelques points gravés dans la pierre, retrouvés dans le nord de l'Australie.

Cependant, dans la peinture rituelle les points ne sont aussi systématiques que sur les toiles, ils servent plutôt à souligner ou à délimiter.

Le pointillisme propre à la peinture sur toile trouve son origine dans les débuts de mouvement contemporain des années 70. Dans le camp de sédentarisation de Papunya où les peuples du désert ont été parqués pendant une vingtaine d'années, les Aborigènes, privés de leur territoires et de leur lieux sacrés acceptèrent sous l'influence de quelques occidentaux bienveillants dont le plus connu est l'enseignant Geoffrey Bardon, de tracer leurs motifs sacrés (et secrets) sur des matériaux pérennes et transportables. La chose ne leur était pas facile car ces représentations allaient leur échapper, voyager, être vues... Les premiers peintres se mirent à noyer leurs motifs dans les points pour les rendre moins perceptibles. C'était une manière de flouter. Mais peu à peu, ils apprirent à ne montrer que la partie profane de leur « dreaming » et furent plus à l'aise.

Ils gardèrent cependant le pointillisme dont l'aspect hypnotique leur plaisait et qui correspondait à leur conception vibratoire et holistique d'un monde où les êtres et les choses s'interpènètrent et s'influencent. Le remplissage pointilliste des toiles aborigènes nous dit que le monde est UN.

 

La  toile ci-dessus a fait partie de l'exposition présentée au musée François Pompon de saulieu (Côte d'or) en septembre et octobre 2009. Il sera présenté à DIJON du 10 au 25 février 2012

 

Ci dessous, vision pointilliste du lac Mina Mina par: Dorothy Napangardi, 90x120, présentée à DIJON du 10 au 25 février 2012

SAM 0195-copie-1

Dd

Par Wanampi - Publié dans : Art d'Australie
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Samedi 7 janvier 2012 6 07 /01 /Jan /2012 10:01

SAM 0023

"Tingari ancestors", itinéraires et terre sacrés.

Oeuvre collective de la famille de Willy Tjungurrayi sous la direction de celui-ci.

Acrylique sur toile, 90x120

 

L'expression contemporaine de l'art aborigène a beaucoup évolué depuis les temps fondateurs où, pour la première fois, Geoffrey Bardon (Années 70) convainquit les anciens de peindre leurs motifs sur des supports commercialisables.

Ces premières oeuvres aborigènes sont de type archétypal, leurs motifs viennent du fond des âges et ont la puissance des peintures rituelles et des oeuvres pariétales dont elles sont la réplique presque fidèle, les artistes négociant avec les secrets dont ils sont gardiens.

 

 

Peu à peu, ce mouvement plein de vitalité, tout en conservant des liens étroits avec sa source, le Tjukurpa (le Temps du Rêve), évolua vers des formes plus austères, travaillant des visuels à effet cinétique (alignement ou imbrication de lignes parallèles, brisées, courbes,  répétition rythmique de carrés ou cercles concentriques), inspirés des gravures sur bois ou sur pierre (tjuringa et boucliers). Les oeuvres intitulées "Tingari" le plus souvent masculines et se référant aux mythes les plus secrets, prennent le plus souvent cette forme plus abstraite que symbolique.


604 WillyGeorge Tjungurrayi Hairbrush initia cette manière qui eut immédiatement l'heur de plaire à notre oeil occidental. 

Il fut suivi par la quasi majorité des peintres hommes dont son frère Willy Tjungurrayi(ci-contre).

 

 Les oeuvres de ce dernier sont souvent faites d'interminables lignes ondulées dans une couleur ocre monochrome miroitant à travers la toile sur un fond pâle. Elles figurent les collines de sable et de la grêle féroce qui tua les ancêtres Tingari dans le Temps du Rêve.


Tout au contraire la toile du haut, reprend des motifs traditionnels.

C'est une oeuvre collective réalisées sous la direction de Willy dont la vue est aujourd'hui trop faible pour réaliser un long travail de pointillisme.

  pic-005---Copie.JPG

 

Willy Tjungurrayi est né vers1936, il rejoignit les peintres de  Papunya Tula en 1976 aux côtés de Yala Yala Gibbs Tjungurrayi. Il est reconnu comme l'un des plus talentueux peintres de cette première génération.

Par Wanampi - Publié dans : Art d'Australie
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 5 janvier 2012 4 05 /01 /Jan /2012 19:08

  "Nous sommes le plus ancien peuple de la terre" se plaisent à répéter les Aborigènes.

  Jusqu'en septembre dernier, on mettait cette affirmation sur le compte du penchant de ce peuple pour le mythe et la poésie.

 Tous les hommes modernes, expliquaient doctement les anthropologues, sont issus d'une seule migration d'Afrique vers l'Europe, l'Asie et l'Australie. Selon ce modèle, les Aborigènes d'Australie n'auraient été qu'une branche descendant de la population asiatique déjà séparée des Européens.

   Mais voici qu'une étude génétique vient de rendre ses conclusions après examen d'une mèche de cheveux remise  par un jeune Aborigène à un anthropologue il y a un siècle. Or, le séquençage du génome  prouve que  les Aborigènes australiens sont les descendants directs d'hommes qui ont émigré d'Afrique, le berceau de l'humanité, il y a environ 70 000 ans.

   Les ancêtres des Européens et des Asiatiques ne sortiront d'Afrique que 24000 ans plus tard.
  Les Aborigènes seraient donc bien  l'une des populations qui, hors d'Afrique, vivent depuis le plus longtemps sur la même terre. Et cette terre, île-continent très isolée du reste du monde, fut presque exempte d'influence extérieure, préservant ce peuple dans ses valeurs, ses croyances et son mode de vie tel qu'au début de l'humanité

.

SAM 0024Un motif vieux comme le pays : La cérémonie de la pluie.


- La ligne ondulante au centre est la ligne de danse. - Les petits U qui l'entourent sont les danseurs.

- Les cercles centraux avec les U de part et d'autre sont des hommes autour de leur feu.

- Les points représentent la pluie.

- Les triples marques un peu courbes qui entourent les hommes symbolisent l'arc en ciel.

- Les deux U isolés à gauche sont les hommes qui mènent la cérémonie.

- Les lignes droites reliant des cercles concentriques de chaque côté du motif principal indiquent qu'un long voyage jalonné de lieux sacrés a été necessaire pour ce rituel.


C'est une très importante cérémonie.


  

relevé 2

 

 

  Le tableau présenté si-dessus (Rain ceremony, Acrylique sur lin, 90x120cms,) est une oeuvre récente et collective réalisée par la famille de Willy Tjungurrayi sous sa direction.

 

 

Le motif, transmis de génération en génétation nous parvient de très loin.


Geoffrey Bardon en 1971 en avait fait  un  relevé (ci-contre) et un commentaire qui figurent dans dans son livre "Papunya, a place after the story".

 

Par Wanampi - Publié dans : Art d'Australie
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 13 décembre 2011 2 13 /12 /Déc /2011 12:16

Michael3-copie-1.JPGJakamarra (ou Tjakamarra), est un peintre de la seconde vague du mouvement contemporain de l'art aborigène. Il est considéré en Australie comme une sorte de modèle  par la qualité extrême de son travail et par son engagement dans la défense de sa culture.


Bien qu'éduqué à l'école européenne de Yuendumu, ou peut-être à cause de cela, il défend ardemment ses origines et ses valeurs. Fils d'un nyankari (chamane), il fut initié rituellement parallèlement à sa scolarité.

Sur le plan artistique Il fut enseigné par Billy Stockman et Old Mick Tjakamarra, et resta longtemps fidèle au style construit à Papunya : clair, contrôlé et méticuleux.

Michael-4-copie-1.JPG

Son lieu de naissance est à la croisée de nombreuses "pistes du Rêve", ce qui lui donne accès à une vaste connaissance des mythes du dreamtime ( Yam, opossum, fourmi volante, deux kangourous, serpent), base de sa création artistique. 


Dans les années 80 il connut le succès: En 84, il remporta le National Art Award. Peu après,  fut commissionné pour un travail majeur : un décor de 27m de long dans l'opéra de Sydney. Puis  on lui commanda une mosaïque de 190m2 sur l'esplanade du parlement de Canberra. A l'occasion de cette inaugutaion il fut présenté à la reine Elisabeth. En 89, la firme BMW lui fit peindre une voiture qui est aujourd'hu dans une collection privée.

Loin de lui monter à la tête, cette position lui permit de prendre un rôle important dans la lutte des Aborigènes pour la reconnaissance de leurs droits.


C'est à partir des années 2000 que, délaissant les contraintes du pointillisme, Jakamarra se recentra sur l'essentiel et se mit à travailler les purs symboles de son héritage spirituel, démarche qui n'a de sens qu'après un long chemin et qui est le propre des hommes ou femmes de grande connaissance.


Présentés ici : Lighting strikes(tout en haut et ci-dessous à gauche), Marlu( ci-dessus à droite), meeting place(ci-dessous à droite) -. Acrylique sur lin, format 91x71

Michael2-copie-1.JPG   Michael-Nelson-copie-1.JPG

Par Wanampi - Publié dans : Art d'Australie
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 29 novembre 2011 2 29 /11 /Nov /2011 14:36

Body paint, 91x76  Narpula-Scobie-91-x-76cm-copie-1.jpg   

 

Narpurla Scobie commence par tracer les lignes de danse (les deux lignes sinueuses en miroir), puis les héroïnes (sous forme de doubles U qui ne sont pas sans évoquer les seins peints des danseuses), puis les fruits sauvages (bush potatoes) que les femmes mythiques trouvèrent sur leur chemin. et enfin un campement (3 femmes assises).

 

Ce sont les éléments d'une histoire attachée à un lieu.


 

Napurla ScobieLorsque Napurla et ses soeurs se mettront en devoir decélébrer ce site et l'épisode évoqué ici (un v oyage-aventure du temps du Rêve), elles peindront le haut de leur corps et en particulier les seins et les épaules de ces mêmes lignes sinueuses.


Une toile aborigène renvoie tout à la  fois à des héros, à un mythe, lui même à l'origine d'un territoire, mais aussi au clan qui en est le gardien et qui le fait vivre par ses cérémonies, au corps des danseurs ou danseuses qui en sera magnifié.

 

Le temps se condense, le présent renvoie au Tjukupa  (l'espace temps du rêve) et la vie quotidienne devient reviviscence des actes initiés par les héros mythiques, Esprits ancestraux créateurs du monde.

   

Body paint

Intitulé "Body paint", ce thème est le préféré de Napurla. Elle confie à mi-voix que cette danse,  pour les femmes, est "magic love". Nous n'en saurons pas plus. Dommage...

 

 

 

 

 

 

 

Par Wanampi - Publié dans : Art d'Australie
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 29 novembre 2011 2 29 /11 /Nov /2011 11:16

Mrs-B-JPG

 

     Nous étions très inquiets, en arrivant à Alice Springs, de l'état de santé de Nyurrapaya Nampijinpa Bennett alias Mrs B. Aux dernières nouvelles son bilan de santé était fort inquiétant.

Mais nous avons eu le plaisir de trouver une petite dame bien installée sous l'auvent de l'atelier Yanda, certes affaiblie, mais plutôt guillerette, heureuse de notre visite et nous gratifiant de rires, de chants et d'un discours prolixe et enjoué, qu'hélas, trois fois hélas, nous ne comprenions pas.


Les mois qui viennent sont le moment du regroupement des Aborigènes dans leur communauté, cela correspond aux grandes cérémonies de la saison sèche, mais Mrs B ne rentrera probablement pas à Tjukurla, sauf pour un court séjour, car la vie dans le bush est devenue

Mrs-B2.JPG

trop dure pour une vieille dame comme elle.

Elle ne se lève que difficilement et avec de l'aide. Elle restera à Alice Springs aux bons soins de Stew, son dévoué bushman.

 

Excellent signe, après une longue période d'inactivité,  elle a réclamé à peindre. On lui a donné de petites toiles et elle a réalisé plusieurs excellents petits tableaux.

 

Quand elle ne peint pas, elle  attend les visiteurs, parle aux chiens et aux oiseaux, et chante.

 

Cette toile de 2010 est sans doute l'un des derniers grands formats peints par Mrs B.    

152x122

MRSB180808BPG.JPG

Par Wanampi - Publié dans : Art d'Australie
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 26 novembre 2011 6 26 /11 /Nov /2011 18:04

Rêveurs, mes frères, nostalgiques du bon sauvage,  mélancoliques du paradis perdu de nos origines, réjouissons-nous! La vie merveilleuse des chasseurs cueilleurs n’est pas éteinte dans le désert d’Australie.
058-copie-1.jpgLes habitants de Kiwirrkura l'affirment, deux groupes d'une dizaine de personnes chacun vivent à  l'heure actuelle à la manière ancestrale c'est à dire se nourissent de la chasse et de la cueillette, se déplacent au rythme des saisons, et nomadisent en suivant les itinéraires  ancestraux.


On pensait que le tout dernier groupe était "sorti" du désert en 1984 à la suite du dècès de son patriache, les journaux avaient alors rapporté l'évènement sous le titre "The last tribe". Vraisemblablement, ils se trompaient.


Kiwirrkura est une communauté de pintupis située à 800 kms à l'ouest d'Alice Springs en plein désert Gibson. Les deux groupes nomades  repérés sont des pintupis qui leur sont apparentés. Ils ont eu de rares et brefs contacts avec eux à des moments où l'eau manquait cruellement par l'action combinée de la sècheresse et de la pollution par les déjections des chameaux.

Les gens de Kiwirrkurra sont à la fois admiratifs et craintifs à leur égard, ils leur prêtent des pouvoirs magiques particuliers.


Ces groupes errants n'ignoreraient nullement l'existence de notre merveilleuse société d'abondance et de technologie, mais ils auraient fait le choix du mode de vie ancestrale ne s'encombrant ni de biens ni de vêtements, et honorant les sites sacrés des chemins du Rêve comme l'a fait leur peuple depuis des millénaires.


SAM_0353.JPG

Thomas Tjapaljarri, "Tingari ancestors", 200x150

Par Wanampi - Publié dans : Art d'Australie
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 1 septembre 2011 4 01 /09 /Sep /2011 11:10

 

Le site de Ngamurru est connu pour l'abondance des graines d'acacia que l'on transforme en farine, utilisée pour confectionner les « latjas », sortes de galettes consommées pendant les cérémonies.


La toile montre les graines, les sources, la nourriture et de nombreuses femmes réunies. Les couleurs de terre sont traditionnelles et la manière, subtile, traduit les vibrations du territoire sacré.

 

ci-dessous : Ngamurru de Yinarupa nangala, acylique sur lin, 112x102

 

Yinarupa2


 SAM_0196.JPG

 

 

yinarupa-portrait.jpg

Née aux alentours  de 1948 à Kiwirrkurra, Yinarupa est reconnue comme une personnalité majeure de la deuxème génération de peintres

Elle a très tôt développé son propre style qui tresse les élements spirituels et les formes physique de sa terre « Ngamurru », un lieu important pour la vie rituelle des femmes.

Fille de Anatjari Tjampijinpa, l'un des fondateurs du courant de Papunya Tula, elle a hérité de sa grande richesse spirituelle qui lui confère un statut de « senior woman » du désert de l'ouest

 

 

 

Elle peint activement et partage son temps entre Jupiter Well en territoire Pintupi et Alice Springs où grandissent ses cinq enfants. 

    

Yinarupa

 

Par Wanampi - Publié dans : Art d'Australie
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 23 juillet 2011 6 23 /07 /Juil /2011 10:38

 

SAM 0104


SAM 0122

 

L'exposition a démarré très fort à Loudun où les oeuvres de grands initiés aborigènes dialoguent avec les fresques sacrées du XIIIème. Le cercle, vibrant et concentrique, grand symbole des peintures aborigènes,  ne sera pas sans vous rappeler l'auréole qui cerne la tête des personnages de l'Evangile. Signe universel du sacré, le cercle matérialise ce que, dans d'autres traditions, on nomme l'aura.


papunya

 

 

Ne manquez pas ce rendez-vous avec le "Temps du Rêve", vous y rencontrerez la charmante Mélanie qui vous remettra un guide de visite (gratuit) et vous proposera un programme de sensibilisation à l'intention des adultes et des enfants.

 

SAM 0117



 

 

 

 

Information :

05 49 98 62 00 / www.ville-loudun.fr

Ouverture du mardi au dimanche

de 10h à 12h et de 14h à 18h.

Jusqu'au 2 octobre 2011


 

Par Wanampi - Publié dans : Art d'Australie
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Vendredi 22 juillet 2011 5 22 /07 /Juil /2011 00:00

Tjuringa (ou tjurunga) est le nom donné par les Aborigènes a certains objets sacrés et extrêmement secrets, porteurs, recto verso, des motifs claniques. Ce sont des objets gravés, de formes variées, plates, arrondies ou ovales, en bois ou en pierre. Leur importance est considérable dans les cérémonies telles que l'initiation des jeunes hommes.

Objet mystèrieux entre tous, le tjuringa est véritablement une matérialisation de l'esprit ancestral. A ce titre il est considéré comme dangereux. Le voir et le manipuler est réservé aux hommes pleinement initiés des clans dont le rôle est le dialogue avec le Tjukurpa, l'espace temps sacré, celui d'avant la naissance et d'après la mort, que nous nommons "Temps du Rêve".

Si ces images proviennent du Temps du Rêve, comment surgissent-elles dans la pierre ou le bois ?

Selon les Aborigènes, un churinga est produit spontanément lorsque l'esprit ancestral vient s'incarner dans le corps d'un l'enfant à naître, c'est à dire lorsque la future mère ressent les premières manifestations de sa grossesse. L'objet n'est pas immédiatement accessible, il s'agira, pour le père, aidé des aînés de sa famille de le rechercher. Les indications fournies par la mère, notamment le lieu où elle a ressenti sa grossesse pour la première fois, permettront d'identifier l'esprit ancestral et guideront les recherches.

On peut supposer qu'un grand-père connaissant l'emplacement d'un churinga ayant appartenu à une personne décédée, aidera à dénicher l'objet.

Parfois le churinga est trouvé, parfois non. Dans ce dernier cas, les hommes en fabriquent un nouveau qu'ils gravent des motifs claniques de l'enfant, c'est à dire les motifs attachés à son esprit ancestral (par exemple opossum, grenouille, kangourou ou autre... )

Quoi qu'il en soit, chaque Aborigène possède son churinga caché dans quelque grotte ou anfractuosité et que l'on ne sort que pour les cérémonies importantes. Les churingas des femmes sont gérés par les hommes initiés, elles en connaissent l'existence mais ne les voient pas. Les motifs leurs sont communiqués sous forme de peintures de corps ou de sol, lors de leur initiation.



 

 


Les toiles sont souvent la reprise pure et simple d'une face du churinga, ici par Kenny Williams Tjampijinpa.
Kunya Kutj
ara (Deux serpents) 152x91 acrylique sur lin


Cette toile parle du cheminement des 2 serpents Pythons, appelés Kunya, et de leur voyage mythique jamonné de points d'eau (les cercles). Les lignes ondulantes rappellent la trace des serpents dans le sable et aussi le ruissellement de l'eau dont ils sont créateurs.

Par Wanampi - Publié dans : Art d'Australie
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires

Présentation

Texte Libre

Vous pouvez  voir ces peintures lors des expositions que nous organisons dans différentes villes de France ou sur rendez-vous.  

Contact : 0609306845/ wanampi.mp@orange.fr

Garantie d'authenticité : les peintres aborigènes ne signant que rarement leurs oeuvres,  la plupart de nos toiles sont accompagnées d'un jeu de photos du peintre travaillant à sa toile à différentes étapes de son élaboration, ceci, évidemment, en plus du certificat d'origine.

Partenaires :

Dijon : Espace Christian Tiercin, 30 rue charrue ; Lyon   exposition permanente, l'Encadreur du Parc, 38 rue Tête d'or; Nice : Exposition permanente, Noor Arts, 2 rue Valperga, 0607937475; Strasbourg : Noor Arts,  tel : 0607937475 

 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés