Judy Watson Napangardi : ses oeuvres sont-elles une vision de l'ADN ?

Publié le par Wanampi

Judy Watson Napangardi : ses oeuvres sont-elles une vision de l'ADN ?

Dans son thème Mina Mina, Judy Watson ne manque jamais de peindre le motif de deux lignes qui s'enroulent. Cette figure n'est pas sans rappeler les entrelacs celtiques ou la représentation, chez les indiens amazoniens du double serpent mythique.

Trois oeuvres de Judy Watson feront partie de l'exposition « Aborigènes d'Australie, peintres du Rêve », présentée à Nancy (22mars au 9 avril)


Pour certains anthropologues dans la ligne de Jeremy Narby, l'image du double serpent (le serpent cosmique) serait une vision de l'Adn, et cette connaissance de l'intime du vivant serait innée, quasiment biologique, les peuples premiers possédant encore ce savoir que les occidentaux redécouvrent par leurs instruments.

Autant le dire tout de suite, cette hypothèse a beaucoup de détracteurs, et des rationalistes pur jus qui ont des mots très durs envers ce qu'ils appellent une «imposture anthropologique ».
Je ne prendrai pas parti mais je trouve intéressant de relater le mythe qui se trouve à l'origine du tableau de Judy Watson, qui elle, pas plus que ses ancêtres, ne se préoccupe de ce que nous montrent nos instruments high tech.

Que s'est-il passé donc à Mina Mina, qui est pour les Warlpiris, le site sacré le plus important?

Il est dit que dans le temps du rêve, deux créatures ancestrales émergèrent du sol. Ces créatures plutôt femmes, avaient noms Napangadi et Napanangka. Autour d'elles la terre était sans relief, sans lumière et sans vie. Elle désirèrent alors ardemment que le monde prenne vie et se se mirent à le chanter, et par leur puissance mentale peut-on dire, l'eau parut sous forme des lacs Mina Mina.

Elles en furent joyeuses et se mirent à danser entre les points d'eau en formant deux lignes sinueuses qui s'entrecroisaient. Alors un végétal apparut : la liane Ngalyipi. (mot qui signifie « petit serpent »). Elles s'en firent des ceintures et continuèrent à danser. Alors surgirent les fruits et les racines qu'elles collectèrent avant de poursuivre leur route...


Pour les Warlpiris,  la danse en double hélice et la liane serpent  sont liées à l'apparition  de la vie. Les chants et les danses créés par les deux géantes font partie des rituels qui cèlèbrent Mina Mina.
Dans le thème Mina Mina de Judy Watson on retrouve les lacs (les espaces ronds colorés, cernés de sel, comme ils sont réellement), les lignes de danse qui s'entrecroisent, la liane Ngalyipi, les ceintures de danse, tandis que les petits signes en U accrochés ou non aux lacs désigner des personnages, qui peuvent être tantôt les créature ancestrale, tantôt, les femmes qui donnent les rituel sur ce site ou sur sa représentation.

La peinture de Judy est chant et danse. Les couleurs vives font partie de sa vision personnelle. Une autre  Napangardi (Dorothy) peignait ce même site avec une grande économie de couleur et un interprétation toute différente mais aussi très parlante.

Judy Watson napangardi
Judy Watson napangardi

Judy Watson napangardi

Publié dans ART D'AUSTRALIE

Commenter cet article