Partenaires et prochaines exposCONTACT : 06 09 30 68 45 LYONAtelier de l''Encadreur du Parc, 38 rue Tête d'or, 69006, tel : 04 78 89 67 10:Expositiond'art warli d'Inde,du 14 au 30
avril 2013Exposition d'art aborigène d'Australie,du 25 septembre au 5 octobre 2013DIJON : Espace galerie 30 rue charrue :Exposition d'art aborigène
d'Australie du 17 au 26 octobre 2013 NICE :Galerie Noor Arts, 2 rue Valperga,06000, tel : 06 07 90 74 75 art aborigène, expo permanente
Les yeux ne sont plus aussi sûrs mais la main conserve une belle énergie. Naata, après le décès de soeur bien aimée Nancy Ross, a connu une période d'inactivité dans sa
communauté de Kintore. Quelques mois plus tard, de retour à Alice Springs, elle s'est remise à peindre et n'hésite pas à entreprendre des formats immenses, plans symboliquesdes lieux dont elle est gardienne.
Lesdeux toiles ci-dessous sont en quelque sorte des sections du
territoire de Marrapinti.
Marapinti 151x46 cms
Naata, née vers 1932, est actuellement l'une des plus anciennes parmi la première génération de peintres, celle de Judy Watson et de
Ningura napurrula, de Tommy Watson et de George Tjungurrayi.
C'est en 1962, comme la plupart des Pintupis, qu'elle arrive à Papunya amenée par une patrouille du Service social indigène. Elle
est alors âgée de 30 ans et n'a jamais vu d'hommes blancs. Elle assiste à partir de 1971 à la naissance du mouvement de la peinture contemporaine du désert dit « de Papunya
Tula ».
Marapinti, 151x46 cms, Visible à Paris
En 1982, les Pintupis regagnent leur territoire ancestral et connaissent un regain de spiritualité. L'activité des peintres s'intensifie. Les femmes
ne sont alors que des auxiliaires. On ne pense pas à cette époque qu'elles puissent avoir une spiritualité suffisante pour nourrir une créativité analogue à celle des hommes. Grossière erreur. A
partir des années 90, Naata et ses soeurs de Kintore et de Haast Bluff montrent la richesse de leur vie spirituelle et la force de leur peinture. L'exposition « Minyma tjukurpa » en 94
les consacre. Naata est remarquée pour son style très personnel, puissant et coloré et devient l'une des leaders du mouvement du désert. Ses
thèmes sont ceux des très secrets mythes Tingari. Naata est une forte personnalité, sa peinture en témoigne. Du fait de son héritage, elle est l'une des rares femmes à peindre sur les thèmes
Tingari, traditionnellement masculins. Elle s'inspire également des sites de cérémonies féminines, des peintures de corps utilisées dans le «
women's business» dont elle devient l'une des gardiennes les plus respectées. En 2005 l'une de ses toiles atteint le prix record de 216K dollars chez Sotheby à Melbourne
Vision très contemporaine, mais aussi mystérieuse, cette toile témoigne d'une créativité qui ne s'oppose en rien à l'ancestralité.
Mother's country, 120x90 (visible à Paris)
La composition initiale utilise de nombreux pictogrammes de l'iconographie traditionnelle du désert. Le motif premier de ce « Pays de ma
mère » est, comme souvent, une carte symbolique. Ce que trace Barbara pourrait être peint tel quel dans une grotte d'Uluru. On y retrouve le peuple ancestral sous forme de nombreuxsignes en U, des cercles concentriques qui signalent les sites d'importance, des itinéraires en réseaux, et les lieux
pourvoyeurs de fruits sauvages. L'ensemble est structuré par le lit de la rivière Sandover.
Une fois ce travail accompli, Barbara le recouvre
d'un pointillisme diaphane, un floutage tel que celui qu'utilisèrent les peintres de la première époque pour ne pas livrer trop crûment leurs motifs aux regards profanes.
Il en résulte une belle composition magnifiée par des couleurs audacieuses
Modernité nourrie de l'héritage ancestral,
tel pourrait se définir le génie des peintres aborigènes
Ce thème, « feuille medicinale sauvage », Abie Loy le tient de son père, Ray Loy Pula. Il y a, dans la traditon
d'Utopia, une dévotion particulière pour une plante, le Yam. Il s'agit d'une sorte de carotte sauvage symbole de fécondité, qui est à la fois nutritive et médicinale, et dont chaque partie,
racine, feuille, graines est utilisée et célébrée dans la peinture.
Ainsi certains artistes vont-ils peindre la graine (Barbara Weir), d'autres la racine (Anna Price) et d'autres, comme Abie Loy, ou sa tante Gloria Petyarre, la feuille.
Bush medecine leaf 120x90 (visible à Paris)
La texture de la toile, finement remplie de minuscules et scintillantes petites feuilles, crée un effet de brillance qui évoque le sacré
dont est empreinte la plante.
Comme souvent dans les toiles aborigènes, l'effet optique, voire hypnotique d'une création, est recherché et parfaitement assumé. Il est là
pour faire décrocher du réel et favoriser l'accès au spirituel.
Abie est gardienne coutumière du Rêve Bush hen (poule sauvage), un dreaming hérité de son grand-père. Le motif Bush medecine
leaf (feuille médicinale), lui, est hérité de son père.
On remarquera que les petites feuilles dont est composé ce tableau évoque aussi l'empreinte de la patte de la poule sauvage, ce qui fait de
cette composition un signifiant fort de son héritage paternel.
Abie Loy Kemarre (ou Akemarre )est née en février 1972 à Utopia, une région située au cœur du désert à 250 kms au nord-est
d'Alice Springs
Elle est de langage / Groupe: ANMATYERRE
On peut dire que Abie a la peinture dans le sang. En effet elle est fille d'une lignée maternelle de grands peintres : sa mère
Margaret Loy Pula gagna le Wynne prize en 2012, sa tante est la célèbre Gloria Petyarre, quant à sa grand-mère, c'est la très respectée Kathleen Petyarre. Celle-ci fut aussi son éducatrice, elle commença à
l'initier à partir de 19 ans et lui enseigna le goût du détail et l'utilisation des motifs minuscules et chatoyants.
Comme dans la plupart des toiles aborigènes, le passé et le présent fusionnent pour dire tout ce que le monde qui nous environne doit à
l'ancestralité.
Le sujet « Mountain devil lizard », que Kathleen traite avec différentes techniques, en différentes tonalités, mais toujours avec le motif
en croix, intrigue par son mystère.
Elle mêle subtilement les caractéristiques topographiques et les éléments symboliques qui sont présents dans un territoire précis
(200 km2 situés au Nord-Est d'Alice Springs) ainsi que les liens de celui-ci avec les espaces totémiques voisins.
Acrylique sur lin, 100x100
Kathleen a donné à Christine Nicolls quelques clés qu'elle relate dans son livre : Kathleen Petyarre, genius of place. Ainsi, le petit
lézard Arnkerrth, faible créature qui triomphe des nuits glaciales du désert comme de ses chaleurs torrides, du manque d'eau et des rochers acérés, est-il un Ancêtre qui guide son clan dans
l'adversité. Les femmes célèbrent la Femme Lézard.
Dans le motif en croix, nous trouvons le lit de la rivière Sandover le plus souvent à sec (la diagonale Sud-Ouest/Nord-Est si
nous plaçons le Nord en haut).
L'espace ocre jaune qui borde la rive nord est une zone de trous d'eau qui concerne la partie masculine du Rêve Arnkerrth et les
père et grand-père de l'artiste.
La partie brune (rive Sud) aux 3 lignes blanches parrallèles correspond à une zone que, dit le mythe, la femme lézard a parcouru à la
recherche de nourriture (fourmis).
Le lit de la rivière, ainsi que l'autre diagonale ont été empruntés par le peuple lézard pour aller vers le sites totémiques alliés,
celui de l'émeu au Nord-Est, celui du Yam au Sud-Est. Ces dreaming tracks sont encore aujourd'hui pleins de l'Esprit ancestral.
Les deux demi-cercles au centre sont les deux sites de cérémonie et d'initiation masculines et féminines.
Le motif divise l'espace en 4 parties qui sont les 4 Rêves (récits mythiques) dont Kathleen est gardienne.
La culture, et donc l'art des Aborigènes d'Australie est fondée entièrement sur la mémoire de l'origine de la vie à une époque mythique désignée par
le mot tjukurpa ou alcheringa (dans les langues du désert central) et que les anglophones traduisent par « Dreaming », le Temps du Rêve. Les Aborigènes se réfèrent aux forces qui ont
créé le monde, et ces forces, ces entités de vie, ils les tiennent pour leurs Ancêtres. La perfection de notre monde ne peut avoir été créée que par ces créatures ancestrales et il convient de
maintenir la création, son aspect, sa structure, dans son état initial.
Ci dessous: Oeuvre de Esther Giles Namijinpa, Le territoire, les sources et la trace du Grand
Serpent
Il n'est pas pertinent de parler de « l'époque » du Temps du Rêve puisque ce concept désigne une sorte d'espace intemporel à la fois
passé, actuel et futur. Barbara Glowczewski en parle comme d'un espace-temps parallèle à notre temps profane, où s'exercent des forces, des désirs, des pulsions, dispensatrices à la fois
d'énergie et de structure : « Le rêve est ce qui donne aux hommes la meilleure intution de ce que cette dimension parallèle peut être .... A la lumière des recherches les plus
récentes en astrophysique qui relativisent le temps dans l'espace et interrogent topologiquement la forme de l'univers, voire se demande s'il n'y en a pas plusieurs, la cosmologie aborigène
semble interroger comme un défi à notre quête de l'esprit humain» (“du rêve à la loi chez les Aborigènes” Puf, P316) Que se passe t-il dans le Temps du Rêve ? Il est dit que les Ancêtres, sortis du sol, ont cheminé à travers des étendues stériles, tout comme leurs descendants, les hommes, nomades, à
travers leur vaste pays. Les Ancêtres voyagent, chassent, installent leur campement, s'aiment, se battent, parfois s'entredévorent et se violent, ressuscitent... et ce faisant, il modèlent le
paysage. Entre chacun de leurs voyages ils dorment et rêvent les aventures et épisodes du lendemain. Ainsi, c'est par leur puissance psychique que, de
rêve en action, ils créent le monde sensible : les éléments naturels, les animaux, les plantes, les étoiles, la lune le soleil... Tout se fait simultanément et chaque élément peut en devenir un
autre. Une plante peut devenir un animal, un animal une forme du paysage et, ce dernier, un homme ou une femme. Les Ancêtres eux-mêmes font partie de ces forces vives, animaux , il ont une partie
humaine et en éprouvent les passions. Tout provient de la même source : l'énergie vitale du Dreamtime. Lorsque l'univers eut pris forme, qu'il fut peuplé des espèces et que les multiples transformations furent accomplies, les Ancêtres, lassés, se
retirèrent dans la terre d'où ils étaient sortis mais leur esprit reste une force qui dort dans tout ce qu'ils ont créé. L'histoire de ces voyages fantastiques est transmis par les chants, les cérémonies, les symboles et les motifs de vie que se transmettent les
Aborigènes à travers les millénaires. Chaque aspect de la vie quotidienne reflète l'histoire de la création associé à un lieu où les hommes voyagent, dressent leur camp et répètent les
gestes initiés par les Ancêtres. Chaque acte de la vie quotidienne est imprégné de ce temps où les créatures ont pris vie. Le présent, le passé et le futur fusionnent, les formes de la création ont une commune identité, l'Aborigène appartient au monde, à sa terre, à
chacun des ses ancêtres, il est frère des animaux et des plantes, et chaque bouleversement de l'une de ces composantes fait courir au groupe un risque de chaos qu'il faudra endiguer en en
appelant aux Ancêtres. Bien que les mythes, les symboles et les langues varient d'un groupe à l'autre, les histoires du Dreametime sont communes et traversent le
continent. Les Ancêtres ont expérimenté, innové, pris des risques, découvrant, au fur et à mesure les coutumes, les techniques, et les comportements qui
permettent de maintenir l'harmonie. Ces règles de vie sont distillées à travers les histoires et forment ce que les Aborigène considèrent comme leur bien le plus précieux: la Loi du dreamtime,
ensemble de principes, de règles, d'obligations et d'interdits qui reflètent dans sa totalité le mode de vie aborigène.
Toutes les formes de la création, des insectes aux étoiles, en passant par les humains partagent la conscience de posséder
une part de la force primitive, et chacun, à sa manière reflète une forme de cette force. Le dreamtime unifie la vision du monde et l'Homme, doué de conscience, se doit de respecter la terre comme une œuvre imprégnée du mythe des
origines. C'est pourquoi la domestication des animaux et des plantes, comme toute modification apportée au naturel est antinomique de la pensée aborigène. L'exploration de l'univers et la recherche du sens de la création se fait à travers la connaissance interne et externe du moi. C'est le but de
l'initiation qui concerne, non seulement les jeunes gens et jeunes filles, mais aussi, par différentes phases, toute la vie adulte. Ce n'est pas un hasard si les œuvres puissantes qui nous parviennent sont le fait de gens matures, et même parfois très âgés. Pour exprimer cet état de l'être en lien avec un grand Tout, il convient d'avoir la Connaissance. On n'y accède guère avant quarante ans.
Ci-dessus : Naata Nungurrayi, devant son oeuvre monumentale
En savoir plus sur les Aborigènes : voir notre rubrique LIRE
Pour fascinante qu'elle soit, la peinture aborigène reste pour une large part énigmatique. Nombre d'Occidentaux sont
sensibles à sa puissance, à sa créativité, à sa diversité, et étonnés de sa proximité avec des courants d'avant garde, Leur questionnement n'en est que plus pressant. Par ailleurs des préoccupations d'ordre éthique s'expriment bien souvent à son sujet : Que représente la vente d'oeuvres pour les
Aborigènes ? Comment un art sacré peut-il être vendu ? Que reste t-il dans la peinture contemporaine des valeurs traditionnelles ? Comment, où, et pour qui les artistes peignent-ils ? Et bien, voici un ouvrage qui répond assez bien à ces interrogations. Ce livre explique le sens de l'acte de peindre, les contenus d'une représentation - du sens manifeste au secret - le processus
créatif, mais aussi l'organisation du marché, et fait le point sur les principaux courants artistiques aborigènes présents en Australie, leurs caractèristiques, leur évolution. L'ouvrage se veut non exhaustif, il balaie néanmoins chaque région où s'épanouissent des mouvements bien identifiés,
depuis les « pionniers visionnaires de Papunya », les coloristes de Yuendumu ou les femmes libres d'Utopia, jusqu'aux peintres des villes, en lutte pour conserver leur lien fragile aux
origines, en passant par le Kimberley, le cap York et les îles du détroit de Torres. Une large part est faite à l'histoire, celle de la colonisation bien sûr, mais aussi l'histoire particulière de chaque
région et celle de certaines communautés. On comprend alors que des styles bien distincts sont nés en fonction des lieux, des motifs rituels que l'on y trouve, mais aussi en fonction du passé, et
des personnalités qui l'ont marquée. De nombreuses toiles sont présentées, le plus souvent commentées. Certaines comptent parmi les chefs-d'oeuvre de l'art
universel.
Extrait
En couverture une oeuvre de Warlimpinga Tjapaljarri
Nous vous proposons de découvrir à la fois la peinture et le peuple par une
discussion autour des oeuvres:
Le samedi 16 mars 2013 à 17h
dans notre espace Galerie
38 rue Tête d'or 69006.
Heures d'ouverture : du mardi au samedi, 10h-12h /15h-19h
.
Ce courant artistique Adivasi
Warli que le grand public a pu découvrir au musée Branly en 2010, est encore l'affaire de quelques collectionneurs passionnés dont le plus actif est sans conteste Hervé Perdriolle.
C'est une expression délicate et émouvante qui dit tout l'attachement du peuple Warli à la nature dont il est resté si proche.
Il y a peu encore, les Warli étaient nomades, ils vivaient des ressources de la chasse, de la pêche et de la cueillette. Le passage plus ou moins
contraint à l'agriculture s'est produit il y a quelques générations. Cette mutation importante a laissé dans la mémoire collective des traces qui s'expriment dans les thèmes de peinture.
La modernité est une mutation tout aussi perturbante pour une société très rurale. L'art Warli contemporain est un moteur d'intégration des
changements de vie qui s'imposent. Les motifs intègrent la modernité, non pas de façon déshumanisée mais au contraire en lui conférant une âme. Ainsi verrez-vous dans les toiles parfois une
voiture, ou un train ou encore un avion. Sachez que, eux aussi, sont dépendants des avatars de la Grande Mère Palaghata.
Espace galerie de l'Encadreur du parc, 38 rue Tête d'or 69006 LYON
L'ouvrage (déjà ancien : 1981) de Gérard Busquet et Christian Delacampagne est l'un des rares en français sur ces peuples méconnus, qui représentent aujourd'hui 90 millions
d'individus, répartis à travers le territoire de l'Inde et que l'on regroupe sous l'appellation de "tribaux".
Chacun de ces peuples a tenté de conserver une culture, une langue, une organisation sociale, un art
original, qui remontent à la préhistoire.
Lorsque 1000 ans avant notre ère, les Indo-Européens parvinrent aux bords du Gange, ils découvrirent d'épaisses forêtes habitées par des
hommes au teint sombre qui vivaient là depuis des temps immémoriaux. Ces hommes furent en partie soumis, en partie repoussés. Ils se réfugèrent dans les régions les plus inaccessibles. Ils
refusèrent de se laisser assimiler.
Leurs descendants survivent en différents endroits, on les appelle Adivasi, autrement dit,
Aborigènes.
Les auteurs s'attachent à 3 de ces peuples: les Bhils, les Santals et les Murias. Des plateaux Himalayens aux jungles de l'Orissa, en passant par
celles du Madhya Pradeh, nous découvrons dans ce livre l'originalité de peuples de résistance, organisés la plupart du temps de façon égalitaire et des moeurs infiniment plus libres et plus
tolérantes que ceux de la société indienne qui les entoure.
Anne Guillaume vous propose un voyage dans le temps, depuis les oeuvres de fondateurs du mouvement, jusqu'aux créations audacieuses de
leurs héritiers.
Au début, dans les années 70, ce fut de
l'acrylique sur de petits panneaux de bois. Ces premières oeuvres, qui sont l'objet de l'exposition actuelle du Musée Branly :« Aux origines de la peinture aborigène », sont
d'émouvantes répliques de ce qui est tracé de toute éternité et dans un but purement rituel sur le sol ou la peau, ou encore gravé dans la pierre ou sur des objets de cérémonie tels que les
boucliers d'apparat ou les très secrets « tjuringas ».
Pendant les vingt années qui suivent, la toile de lin remplace les panneaux de contreplaqué, les dimensions des oeuvres
augmentent, et un sens esthétique vient s'ajouter à la la charge spirituelle que contient cette expression. Nous sommes là à une periode charnière, et ces oeuvres sont à la frontière de l'objet
anthropologique et de l'art.
Depuis les années 2000 ce mouvement très vivant continue son exploration picturale, et on voit naître, des mains des jeunes
peintres, mais également des seniors qui n'hésitent pas à se renouveler, des oeuvres résolument contemporaines. La palette se renouvelle, la vision se fait volontiers impressionniste, l'effet
cinétique est recherché, mais la terreancestrale est toujours le sujet, et le lien qu'exprime l'artiste avec elle reste
sacré.
L'Encadreur du Parc, 38 rue tête d'or Lyon, 69006 (metro Massena), 10h-12h / 14h-19h du mardi au samedi
Infos : Anne Guillaume 04 78 89 67 10
Ci dessous :Warlinpinga Tjapaljarri (1992)
à gauche: Le pays de mes pères de Nellie Marks Nakamarra
(2012)
Ci-dessous, Tingari de Warlpinga Tjapaljarri
Ci-dessous : "Milky way". Gabriella Possum, revisite le mythe des sept soeurs
80x40 cms
En savoir plus sur les Aborigènes, voir notre rubrique LIRE
Nyurrapaya Bennett Nampijinpa s'est éteinte dimanche 27 janvier.
Avec elle c'est une légende de l'out-back qui disparait. En effet, qui ne connaissait pas, à Alice Springs, cette joyeuse et énergique
personne qu'on appelait familièrement Mrs B. ?
Nyurrapaya était née vers 1932 dans le bush le plus reculé, du côté de la frontière entre les Territoires du Nord et l'Australie de
l'ouest, lieu que les Blancs n'investirent que dans les années 60. Jusque vers l'âge de 30 ans, elle a donc mené la vie nomade et cérémonielle traditionnelle, ignorant tout de la
civilisation.
Mrs B. était nyangkari, c'est à dire chamane, ce qui lui valut d'avoir ses entrées à l'hôpital de Kintore.
Avec son mari John John Bennett, elle forma l'un des couples les plus unis et les plus emblématiques des communautés du petit monde du
désert de l'ouest.
Mrs B. était du groupe Naatatjarra, dont le territoire, situé à une centaine de kilomètres au sud d'Uluru inspirait sa peinture.
L'esprit du serpent guerrier Liru, donnait à Nyurrapaya le caractère affirmé et la force de vie que l'on retrouve dans ses toiles.
Nyurrapaya est la première personne avec qui nous avons eu une certaine intimité parmi les peintres aborigènes, la première à avoir
rompu la glace (le contact avec les Aborigènes ne va pas de soi), nous avions voyagé avec elle et ses soeurs à Tjukurla où réside sa famille, et suivi (en 4x4 climatisé) les itinéraires de points
d'eau en points d'eau qu'elle parcourait avant sa sédentaristaion.
Nous sommes donc particulièrement tristes de sa disparition.
:
Fait connaître et vend la peinture contemporaine de peuples aborigènes d'Australie (Ecoles de Papunya Tula, de Warmun Turkey Creek, Utopia), et d'Inde (Adivasis Warlis), s'intéresse à tous les mouvements artistiques traditionnels témoignant d'une vitalité et d'une créativité qui les inscrivent dans le contemporain.
Organise des expositions ventes conférences dans différentes régions de France
Vous pouvez voir ces peintures lors des expositions que nous organisons dans différentes villes de France ou
sur rendez-vous.
Contact : 0609306845 wanampi.mp@orange.fr
Partenaires :
Dijon : Espace Christian Tiercin, 30 rue charrue ; Lyon exposition permanente, l'Encadreur du Parc, 38 rue Tête d'or; Nice : Exposition permanente, Noor Arts, 2 rue Valperga,
0607937475; Strasbourg : Noor Arts, tel : 0607937475