Churinga est le nom donné par les Aborigènes a certains objets sacrés et extrêmement secrets, porteurs, recto verso, des motifs
claniques. Ce sont des objets gravés, de formes variées, plates, arrondies ou ovales, en bois ou en pierre. Leur importance est considérable dans les cérémonies telles que l'initiation des jeunes
hommes.
Objet mystèrieux entre tous, le churinga est véritablement une matérialisation de l'esprit ancestral. A ce titre il est considéré
comme dangereux. Le voir et le manipuler est réservé aux hommes pleinement initiés des clans dont le rôle est le dialogue avec le Tjukurpa, l'espace temps sacré, celui d'avant la naissance et
d'après la mort, que nous nommons "Temps du Rêve".
Si ces images proviennent du Temps du Rêve, comment surgissent-elles dans la pierre ou le bois ?
Selon les Aborigènes, un churinga est produit spontanément lorsque l'esprit ancestral vient s'incarner dans le corps d'un l'enfant à
naître, c'est à dire lorsque la future mère ressent les premières manifestations de sa grossesse. L'objet n'est pas immédiatement accessible, il s'agira, pour le père, aidé des aînés de sa
famille de le rechercher. Les indications fournies par la mère, notamment le lieu où elle a ressenti sa grossesse pour la première fois, perm
ettront d'identifier l'esprit ancestral et guideront les recherches.
On peut supposer qu'un grand-père connaissant l'emplacement
d'un churinga ayant appartenu à une personne décédée, aidera à dénicher l'objet.
Parfois le churinga est trouvé, parfois non. Dans ce dernier cas, les hommes en fabriquent un nouveau qu'ils gravent des motifs claniques de l'enfant, c'est à
dire les motifs attachés à son esprit ancestral (par exemple opossum, grenouille, kangourou ou autre... )
Quoi qu'il en soit, chaque Aborigène possède son churinga caché dans quelque grotte ou anfractuosité et
que l'on ne sort que pour les cérémonies importantes. Les churingas des femmes sont gérés par les hommes initiés, elles en connaissent l'existence mais ne les voient pas. Les motifs leurs
sont communiqués sous forme de peintures de corps ou de sol, lors de leur initiation.
Les toiles sont souvent la reprise pure et simple d'une face du
churinga, ici par Kenny Williams Tjampijinpa
Kunya Kutjara (Deux
serpents) 152x91 acrylique sur lin
Cette toile fera partie de l'exposition de Lyon, du du 24 septembre au 3 octobre 2009, Atelier L'Encadreurdu parc, 38 rue tête d'or .