Peinture contemporaine
Cette toile, peinte il y a quelques années réunit de nombreux motifs chers à l'auteur qui célèbre le territoire du serpent Liru.
Aujourdhui Mrs Bennett, de son nom complet : Nyurrapaya Nampijinpa, peint d'une manière encore plus abstraite et profonde.
Je vous invite pour le plaisir à admirer SES OEUVRES EXPOSEES A MELBOURNE. Mrs B avait, pour la circonstance, quitté son désert accompagnée de ses soeurs Esther et Tjawina.
Tali Tjuta
(Les collines)
L'agencement d'un même motif nous entraîne vers une multitude de sens : ce sont les collines du pays de Kiwirkurra, représentées, comme souvent, par des demi cercles concentriques, puis ils se masquent les uns les autres pour former les symboles en U qui désignent les participantes à une cérémonie, ce faisant, ils donnent une impression de tressage qui renvoie à l'organisation sociale des peuples aborigènes ou les identités, noms de peau, clans, sexes, se tressent et se complètent, chaque rôle s'effaçant puis se dévoilant tour à tour, sans s'altérer et sans se nuire.
Cette toile invite à l'essentiel que l'on atteint par divers chemins.
Mantua Nangala a rejoint Papunya avec sa famille en 1963, elle avait 4 ans. Sa tribu, errante et affamée, fut retouvée par l'une des patrouilles de Wellfare
company. Mantua fréquenta l'école et devint "healthcare worker", infirmière aborigène. Ces personnes, qui appréhendent autant l'approche holistique de la médecine aborigène
que les techniques modernes de soins sont extrèmement précieuses pour faire lien entre les deux communautés.
Mantua fut sollicitée en 1984, lorsque le dernier groupe nomade ( le groupe des 9 ) sortit à son tour du désert dans un grand état d'épuisement et de carence. Ils s'agissait de ses oncles
maternels et de leur famille.
Nangala a appris à peindre avec son père Anatjari Tjampinjimpa, à 49 ans elle est encore, dans le contexte aborigène, une très jeune artiste.
Rusty Peters, ocre sur toile
Les peintres du Kimberley et leurs ocres naturelles seront à l'honneur à l'exposition de Lyon 2010, mais vous y retrouverez aussi les peintres du désert de l'ouest qui ont mis l'acrylique au service de la tradition, et découvrirez, si vous ne le connaissez déjà, l'Esprit Wandjina, le "Big boss qui enseigna la loi de vie en société aux peuples de la terre.
Debra Nangala McDonald, Acrylique sur lin
Nyurrapaya Bennett Acrylique sur lin

Dans la tradition des Wororas, des Ngarinyins et des Wunumbuls, Wandjina est l'être suprême, créateurs de toute vie.
Wallungunder, le "big boss" des Wandjinas vint de la voie lactée pour créer la terre et les peuples. Ces premiers humains s'appelaient les
Gyorn-gyorns, Il n'avaient pas de loi ni de règles de parenté, ils erraient, perdus.
Wandjina vit qu'il pouvait faire quelque chose de ces gens. Il repartit dans la voie lactée et en ramena plusieurs Wandjinas à qui il donna le
pouvoir du Serpent du Temps du Rêve, pour l'aider à enseigner le peuple Gyorn-gyorn.
Gravure
de Donny Woolagoodja
Le Serpent du Temps du Rêve représente le pouvoir de la Terre-Mère et est appelée Ungud.
Chaque artiste connaît son ou sa place Ungud, lieu où il est né spirituellement. Les Wandjinas ont aussi créé les animaux et les esprits-enfants qui
dorment dans les lieux Ungud dans tout le Kimberley et continuent à contrôler tout ce qui se passe sur terre, sur mer et dans le ciel.
Les peintres se passent les histoires et les motifs de mère en fille et de père en fils depuis la nuit des temps. Les plus anciennse images Wandjina
et Gyorn-gyorn tracée sur la pierre, remontent à 20 000 ans.
Les images Gyorn-gyorn, longues silhouettes humaines aux côté des Wandjinas massifs à gros yeux, furent appelées par les gudiyas (les non
aborigènes) qui les découvrirent dans les grottes, figures Bradshow.
Gravure de Donny
Walagoodja
" Le Wandjina appartient à notre peuple depuis bien longtemps. Il a créé nos lois. Nous devons encore obéir à ces lois aujourd'hui. Nos jeunes
gens connaissent leur culture, je les incite à les conserver. S'ils ne le font pas, les Wandjinas mourront et les gens aussi. C'est pour maintenir la vie que nous peignons les Wandjinas. Si les
gudiyas (les non aborigènes) ont un Wandjina, il peut leur apporter une bonne vie, s'ils le traitent avec respect. Ils doivent le regarder souvent. L'esprit est là. Dans les temps anciens, seuls
quelques initiés pouvaient peindre Wandjina. Mais à présent, nous sommes les derniers et nous le peignons pour garder son esprit vivant. C'est sa dernière et seule chance"
Donny Walagoodja, peintre Worrora
Pétroglyphes (Figures Bradshaw)
Les toiles magnifiques de Kathleen synthétisent les connaissances spatiales
et spirituelles et transcendent la seule lecture aborigène pour déboucher sur un
nouveau langage visuel. C'est cela qui a contribué à faire de Kathleen une artiste de renommée internationale »
« Mountain Devil Lizzard »
Acrylique sur toile de lin
Dimension 100 x 100 cm
(Cette toile est signée par l’artiste, un certificat d’authenticité et des photos
de Kathleen Petyarre tenant cette oeuvre sont livrés avec la peinture.)
My country - Bush seeds -
Acrylique sur toile de lin
90x120
Originaire du Territoire du Nord, Kathleen Petyarre est née vers 1940 à 275 km au nord de Alice Springs, dans la lointaine contrée de Atnangker couverte de graminées. Elle appartient au peuple des Anmatyerr dont elle parle la langue, l'anglais étant sa deuxième langue.
Durant son enfance, elle
parcourt, au fil des saisons, les vastes territoires de sa communauté qui s'étendent sur quelques 200 kilomètres carrés, avec ses parents, ses frères et soeurs et le reste de sa grande famille
toujours à la recherche d'eau et de nourriture. Elle apprend, dès son plus jeune âge, à se diriger dans ces paysages et acquiert des connaissances évoquant le Temps de la Création.
Kathleen s'installa avec sa fille, Margaret, et ses soeurs à Lylenty (Moquito Bore) près de la station d'Utopia où elle devint l'une des femmes clefs dans la démarche de récupération des titres
de propriété de son peuple.
Ce qui aboutit en 1979 à la cession des droits de propriété du territoire d'Utopia à ses gardiens ancestraux.
Kathleen et ses frères et soeurs ont la responsabilité morale de maintenir et de préserver l'héritage du Arnkerrth Dreaming (mythe du lézard), au travers notamment de sa narration, et auquel il
est fait allusion tout au long de l'oeuvre de l'artiste. L'ancêtre spirituel de Kathleen, au Temps du Rêve, est un petit lézard timide et asexué appelé Arnkerrth, Moloch horridus, présent sur les
crêtes de sable des plaines du désert, dans la région de Atnangker, qui, à l'instar du caméléon, accorde sa couleur à celle de son environnement. L'interminable errance de Arnkerrth est
ressuscitée dans la brillante interprétation qu'en fait Kathleen dans son oeuvre, donnant au passant un aperçu de la beauté éternelle de son monde du désert.
Son oeuvre a été comparée à celles d'artistes minimalistes modernes comme Mark Rothko et Agnès Martin, non pour sa structure formelle,
mais pour le sens en partie caché qu'elle ne livre pas à ses observateurs. En réalité, les peintures de Kathleen Petyarre sont des cartographies symboliques de son territoire où la terre de ses
ancêtres et l'héritage mythique du Temps du Rêve se trouvent intimement mêlés.
Parmi ses oeuvres les plus connues, la série " Mountain Devil Lizard Dreaming ", lorsqu'elle est exposée dans sa totalité, représente l'entièreté de sa terre ancestrale, couvrant quelques 200
kilomètres carrés à l'est du Désert Central, à l'inverse, son autre série, intitulée " My Country " et " Rock-holes ", propose des gros-plans de végétal ou de minéral provenant de sites
spirituellement importants pour l'artiste.
Depuis ses premières oeuvres sur toile en 1988, présentées lors de l'exposition collective d'Utopia (the Holmes a' court Collection), l'oeuvre de Kathleen a toujours été identifiée par son style
minimaliste très maîtrisé. Nous voyons émerger depuis 2004 et 2005 une nouvelle facture, plus puissante, peut-être plus abstraite, certainement plus moderne dans sa technicité et sa présentation
tout en conservant sa forme originelle empreinte d'élégance et de délicatesse. Kathleen Petyarre continue à affirmer, par ses belles évocations colorées, sa position de proue du mouvement d'art
contemporain australien.
Collections :
Musée du Quai Branly, Paris, France - National Gallery of Australia, Canberra, Australie - Collection of HM
Queen Elizabeth II, Angleterre - Kerry Stokes Collection, Perth, Australie - Museum and Art Galleries of the
Northern Territory , Darwin, Australie - Art Gallery of South Australia, Adelaïde, Australie - Flinders
University Art Museum, Adelaïde, Australie - Fondation Kelton, Los Angeles, USA - Kluge Ruhe Coll.,
Virginie, USA - ATSIC Coll, Adelaïde, Australie - National Gallery of Victoria, Melbourne, Australie
Warangkula Napanangka, 120x90
PEINTURES ABORIGENES D'AUSTRALIE
à MARSEILLE
Exposition Galerie Accord,
25 Cours Estienne d'Orves, 1er étage
du jeudi 17 au dimanche 27 juin 2010
de 10h à 19h (y compris les dimanches)
Conférences (Entrée libre, infos : 06 07 93 74 75)
les samedi 19 et mercredi 23 juin à 18h30
Katherine, 100x150
Debra 150x90
Ceux qui sont séduits par la peinture de Walangkura
Napanangka apprécieront ces deux artistes émergentes dont le style affirmé exprime tout ce que l'art aborigène doit à la terre. Il faut dire que Katherine et Debra ont été à bonne école puisque Walangkura est leur mère.
Nul doute qu'elles feront parler d'elles comme les héritières d'une tradition sans concession qui tend aujourd'hui bien souvent à se diluer dans une peinture certes extrèmement talentueuse, mais de plus en plus détachée de ce que nous apprécions le plus : le fil fragile qui traverse le temps.
les explication de Stéphane Jacob sur le site Le Monde.fr (VIDEO du 4 mai 2010 )
Toile de Tjawina Porter Nampijinpa, désert de l'ouest, des symboles qui racontent les activités des femmes dans le
désert
Esprits Mimi de Eddie Blitner. Toile du nord, Terre d'Arnheim (le Top end), peinture dite "rayons X"
Exposition "Peintres aborigènes gardiens de la terre" à Strasbourg en mai 2010
Depuis plus d'un siècle, nous les exclus du sacré, scrutons ce peuple imprégné de spiritualité à travers le regard d'innombrables observateurs et penseurs, anthropologues ou psychanalystes (ou les deux) dont les plus prestigieux furent Géza Roheim, Levi-Strauss, Mauss, Durkheim, et d'écrivains dont le plus romantique fut sans doute Bruce Chatwin. Tous ont essayé de recueillir les secrets de cet état initial de l'humanité dont nous cultivons la nostalgie.
En même temps, notre système économique et culturel broyait sans vergogne ces sociétés premières. Nous étions tous persuadés, alors,
que c'était la marche normale de l'évolution, les sociétés dominantes digérant et anéantissant les plus faibles. C'était une loi de l'histoire, en somme, pour ces peuples d'avant l'histoire. Même
des anthropologues sincères et bien intentionnés tels que Strehlow, étaient persuadés qu'ils captaient les derniers feux d'une culture condamnée.
Les anthropologues du débuts du XXème siècle tels que Strehlow, cependant sincère et bien intentionné, étaient persuadés qu'ils captaient les derniers feux d'une culture condamnée.
Ils se trompaient, à l'heure actuelle la population aborigène croît régulièrement, retrouvant son niveau d'avant la colonisation. Culturellement, si dans les zones urbanisées les traditions se sont presque intégralement perdues, il en va tout autrement dans les Territoires du nord et aussi l'Australie de l'ouest qui concentrent le plus grand nombre d'Aborigènes. Des communautés autogérées gardent une spiritualité intacte qui permettent d'initier les jeunes et de revitaliser le monde par les grandes cérémonies.
Aujourd'hui, des caméras et des micros parcourent les faubourgs des villes, parfois les communautés de l'intérieur, pour nous livrer les images souvent misérabilistes et les (rares) paroles de ces gens qu'on nous donne comme tellement mystérieux et merveilleux malgré leur incorrigible ivrognerie. Les reporters d'aujourd'hui comme les anthropologues d'hier cherchent à débusquer cette chose dont nous nous sommes privés et qu'eux gardent vivante: l'enchantement du monde.
Et si le meilleur moyen d'appréhender l'univers de ces hommes et de ces femmes qui circulent à travers les mythes, les symboles et les chemins du Rêve aussi à l'aise que nous dans nos centre-villes, était celui qu'eux-mêmes nous proposent : contempler leur peinture...
Soixante de ces toiles, issues des communautés du désert, seront exposées à Strasbourg du 21 au 30 mai 2010, 6 rue des moulins, La Petite France.
Nyurrapaya Bennett Nampijinpa,
"Punklipirri" 112x102
Cinquante toiles du désert australien seront exposées à Strasbourg du 21 au 31 mai prochain, au coeur de la Petite France, 6 rue des moulins (plan ci-dessous).
Kapi tjukurpa, Maisie Campbell Napaljarri
71x56
Comme pour chacune de nos expos, des temps forts consacrés à la connaissance de la culture aborigène seront proposés pour vous permettre d' apprécier pleinement cette peinture:
- Le samedi 22 mai à 17h30 : Vidéo conférence Peintres du Temps du Rêve. Une des portes que vous pousserez en visitant l'exposition « Gardiens de la terre » n'est autre que celle du « Temps du Rêve ». Que recouvre cette notion dans laquelle la peinture contemporaine plonge ses racines ?
- Le dimanche 23 mai à 17h30 : Commentaires et discussion sur des toiles exposées : la source spirituelle, les symboles, le sens, l’histoire du peintre, de sa communauté…
- Le vendredi 28 mai à 17h30 : video conférence, l'art médecin des Aborigènes. Comment la peinture, les danses, les chants sont de nature à ramener l'harmonie perdue.
animés par Michèle Panhelleux, de l'association Wanampi Art et Tradition Vivants
Renseignements : Gabrielle Fliegans, 06 07 93 74 75

Vous pouvez voir ces peintures lors des expositions que nous organisons dans différentes villes de France ou sur rendez-vous.
Contact : 0609306845 wanampi.mp@orange.fr
Partenaires :
Dijon : Espace Christian Tiercin, 30 rue charrue ; Lyon exposition permanente, l'Encadreur du Parc, 38 rue Tête d'or; Nice : Exposition permanente, Noor Arts, 2 rue Valperga, 0607937475; Strasbourg : Noor Arts, tel : 0607937475