Les Warli, Aborigènes de l'Inde : Voici pourquoi vous allez les aimer.

Publié le par Wanampi

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Offrandes et rituel au dieu Tigre. Le tigre a longtemps hanté les jungles et les Warli le craignent. Pour s’en protéger ils en ont fait un dieu. Une fête votive lui est consacrée en novembre. Le baghat (chamane) chante alors l’histoire du dieu Tigre pendant toute une nuit et une journée et demande sa protection pour les hommes et les troupeaux. L’assistance danse et boit du tody (vin de palme) puis une chèvre et un coq sont est sacrifiés pour le festin.

Les peuples aborigènes - littéralement « ceux de l'origine » témoignent d'une étape de l'humanité, d'un rapport au monde, d'un système de valeurs et de croyances, qui furent ceux de nos lointains ancêtres. Ils tendent un miroir aux hommes que nous sommes devenus. Notre frère humain, par sa différence, nous interroge. Et c'est bien là ce qui est magique ! Peut-être même est-ce là, dans notre monde globalisé, la dernière frontière. C'est cela que nous offrent les Warlis.

Lorsque Christian Guillais me les fit découvrir, je travaillais exclusivement avec les Aborigènes de l'Australie, fermement convaincue qu'ils étaient les seuls à avoir réussi cet exploit de faire entrer leur expression artistique de plein pied dans notre monde dit moderne sans se renier. Aussi ai je été immédiatement fascinée par cet autre peuple des origines, les Warli, adivasi de l'Inde. Les Warlis, eux aussi, dialoguent avec nous à travers leur peinture, et magistralement.

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Forêt vierge. Cette forêt rêvée n’est pas un paysage réaliste mais comme une immense célébration du vivant. Chaque plante (imaginaire) possède sa propre personnalité graphique. On sent un plaisir évident de la variation. Chaque forme de vie possède sa place. Vision calme à distance, elle révèle, de près, un foi-sonnement de petits oiseaux, d’insectes ou d’animaux disséminés, qui semblent faire partie d’un réseau équilibré. Et parfois, le tigre y rôde…

D'une esthétique intemporelle, celle-ci puise aux origines même de l'art et déroule pour nous tout ce qui, depuis que le monde est monde, façonne leur société. Les Warlis débarquent dans notre univers matérialiste avec leur pureté originelle, leur grande déesse Palghat, leur dieu Tigre, leur démon à cinq têtes, mais aussi leurs réjouissances, leurs danses, leurs cérémonies, leur mythologie, et les artistes produisent à notre intention des compositions magistrales denses et subtiles.

Petit peuple de l'Inde, repoussé dans les montagnes, isolé sociologiquement, oublié pendant des milliers d'années, les Warlis ont conservé leur langue, leur système de valeurs, leurs coutumes et cet époustouflant langage pictural, le dessin archaïque. On sent bien que les motifs sont les descendants directs des gravures rupestres que l'on trouve en abondance au centre de l'Inde.

 Loin d'être figé, cet art très vivant, intègre la nouveauté. Il n'y a pas d'interdit. Tout ce qui a chamboulé la vie bien réglée des Warlis, notamment l'univers urbain, la technologie, le train, les voitures... se raconte dans la peinture, en interaction avec les thèmes traditionnels : processus ancestral pour franchir quelques millénaires, apprivoiser, protéger du chaos. 

Les Warlis ne renoncent pas aisément à leur vie rurale, mais le bonheur de s'exprimer, de créer, et l'encouragement des collectionneurs et des musées font que les choses évoluent rapidement. Nous sommes là à la naissance d'une grande aventure.

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Le dieu des graines. Il chevauche dans le ciel grâce à la crinière de son cheval. Il distibie les graines dans le monde..

 

Publié dans ART INDIEN ADIVASI

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